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En un peu plus d'un an, entre novembre 2006 et janvier 2008, les deux quadragénaires ont commis 55 cambriolages dans un rayon de 10 km autour de Marçon. Repérage en vélo ou en voiture. Mains gantées, collant percé de trous pour dissimuler leur visage et pied-de-biche pour forcer portes et fenêtres ; les deux hommes, l'un au RMI, l'autre percevant une allocation adulte handicapée, ne se sont pas cantonnés à cambrioler pendant la nuit des maisons principales et des résidences secondaires. « Vous avez pris plaisir à tout saccager. Ces actes de vandalisme incompréhensifs sont consternants. C'est la volonté de faire mal », dénonce la présidente N'Guyen.
Frustration accumulée
Mobilier renversé, portes intérieures brisées, tableau lacéré, tapisserie arrachée, liquides divers répandus sur le sol. Mais aussi « grosse commission » abandonnée au milieu du salon. C'est un spectacle de désolation dans un logement saccagé que les victimes ont à chaque fois découvert à leur retour. Dans certains cas, le montant des dégâts s'élève à plus de 10 000 €.
Entièrement habillé de jean bleu délavé, une tache de sueur sous les aisselles, Didier Davy affronte seul le tribunal. Son complice, trois condamnations au casier judiciaire, a préféré la discrétion.
Ce qui les a poussés dans cette spirale destructrice ? Didier Davy cherche ses mots. La présidente N'Guyen reprend l'une de ses déclarations. « Vous avez dit que c'était une frustration accumulée. Que vous en vouliez à ces gens d'être riches. Qu'ils pourront tout se repayer ! » Didier Davy hésite : « Je ne pourrais pas vous expliquer. » En revanche, il désigne clairement son complice comme étant le principal auteur de ces razzias.
En vouloir à la terre entière
Dans le public de la salle d'audience, le bourdonnement s'amplifie. C'est au tour des victimes de venir raconter leur traumatisme. Une demi-douzaine de personnes défile à la barre. Des gens qui roulent sur l'or ? « Je suis au chômage. Licenciée après douze ans dans la même boite. Vous croyez pas que, moi aussi, je pourrais en vouloir à la terre entière ? », lui demande une plaignante. « Je travaille six jours par semaine. Quand je suis arrivé pour mon jour de congé, j'ai retrouvé la porte du frigo dans le jardin », s'étonne une victime. « Ils ont massacré une porte en ferraille. On se dit qu'il y a des malades », pointe un homme. « Je n'ai pas pu habiter dans ma maison pendant 3 mois », sanglote une petite brune en retournant s'asseoir sur le banc des victimes. « Voler. Saccager. Ruiner », se succèdent dans la bouche de la procureure Moulin-Bernard qui dénonce « une caricature du discours post-soixante-huitard ».
La série de cambriolages a pris fin lorsque des témoins entendus par les gendarmes ont fourni une partie de la plaque d'immatriculation de la voiture utilisée par les deux hommes. Chez Didier Davy, les enquêteurs sont tombés sur une véritable caverne d'Ali Baba. « Trois pages d'objets », indique la présidente. Didier Davy a été condamné à 36 mois de prison, dont 16 mois avec sursis. Arrivé libre à l'audience, il est reparti hier soir entre deux policiers. Direction : la maison d'arrêt. Jacques Masson écope de quatre ans de prison. Un mandat d'arrêt a été décerné à son encontre. Les deux hommes devront verser près de 38 000 € aux victimes de leurs cambriolages.
Igor BONNET.
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