Édition du samedi 16 juin 2007
Yves Courage : « il va y avoir du spectacle »
Quel bilan tirez-vous des essais ?La plus belle surprise est venue de la n°13. Au bout de trois tours, elle tournait déjà en 3'35''. Très honnêtement, je n'aurais pas cru qu'elle puisse faire aussi bien, aussi vite. Sur le sec, elle vaut les 3'30''. Au vu de nos soucis, avoir les deux voitures au départ (Ndlr : les Courage ont signé les 7e et 12e temps) représente un immense soulagement. Je suis très fier de l'équipe. Les quelques petites tensions en interne ont même disparu au travers de ce grand élan de solidarité.Et sur le mouillé ?(Il fait la moue). Là, c'est une autre histoire. Si les conditions rencontrées aux essais se reproduisent en course, la consigne sera « be careful » !Un mot sur Stefan Johansson, une belle carte de visite et un joli Monsieur plus pour les 25 ans ?Il va vite en effet (sourire). Heureusement, sa figure de style d'hier a été sans dommage pour la voiture. Il a ramené très peu de graviers. Je ne suis pas certain qu'il soit coupable de ce léger écart de pilotage. Malgré son temps limité au volant, sept-huit tours je crois, il a ressenti la voiture comme Jean-Marc Gounon. Un bon point je pense...Comment voyez-vous cette 75e édition ?Je sens une belle édition avec beaucoup de spectacle. Surtout si le temps est changeant. La pluie animera les stands. Il ne faudra pas se tromper de pneumatiques. Que pouvez-vous espérer avec un moteur essence ?Sur le papier, on ne peut pas aller chercher Audi et Peugeot. Surtout Audi d'ailleurs qui a davantage l'expérience diesel. Malgré tout, au Mans, on peut toujours espérer. Les résultats y sont parfois surprenants. Tout peut se produire. Une voiture de tête peut très bien finir dans les pneus et ne pas repartir. La pluie, s'il y en a, va représenter un facteur important. Tout en se battant avec les « essence », il faudra surtout rester sur la piste. Peut-on imaginer un jour Yves Courage avec un moteur diesel ?Non. Le diesel est la chasse gardée des grands constructeurs. Je ne crois pas les teams privés capables de développer un tel moteur. Juste un exemple. Alors que nous faisons une dizaine de jours en soufflerie dans l'année, Audi peut en faire 365 jours sur 365. On ne peut pas faire la soudure. L'avenir pour moi est de tendre vers l'écologie avec des voitures moins polluantes. En 2008, il y aura des protos au biocarburant déjà en place aux USA. Le Mans va attirer très rapidement des hybrides. Une nouvelle ère s'annonce. Une ère pour laquelle je me suis déjà beaucoup battu.Recueilli par Philippe PANIGHINI.
Ouest-France