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Dans les coulisses d'Oreca

Édition du jeudi 12 juin 2008

Chez Oreca, les hommes ne sont pas des robots

Le team français porte une attention particulière au facteur humain. La forme physique, mais aussi le mental...

« Gagner des dixièmes et des chevaux, c'est bien, constate Pierre Dieudonné, directeur sportif d'Oreca, mais on a trop tendance à oublier ce que le facteur humain peut faire gagner... ou perdre. » L'ancien pilote belge en sait quelque chose pour avoir disputé plus de trente courses de 24 heures. « Un pilote, s'il est cuit le dimanche, peut perdre plusieurs secondes. »

Message parfaitement reçu par le team Oreca. Avec traduction pratique.

Ça a commencé au mois de mars, en Toscane, par un stage de préparation physique de tous les pilotes. « Il s'agissait d'en faire une bande de copains. Au Mans, il est très important d'avoir des pilotes complices. Ici, c'est trop dangereux pour jouer perso, et vouloir briller par rapport à ses coéquipiers. Celui qui repart à 300 km/h dans la nuit doit être certain que son coéquipier n'a rien fait qui nuise à la sécurité. » C'était d'autant plus important, qu'Oreca a fait appel à de nouveaux, et jeunes pilotes. Le groupe est désormais soudé, assure Pierre Dieudonné. « Je le sens ».

De vraies nounous

Dernière étape, la gestion de la semaine des 24 Heures. Outre Pierre Dieudonné, elle passe par trois personnes. Il y a Beppe Sebastiani, l'entraîneur ; Séverine Olivié, la nutritionniste ; et Vincent Klingelschmitt, le chiropracticien. Mardi, ce dernier n'a pas chômé. « On a attaqué fort. » Sans entrer dans l'intimité des pilotes, il faut savoir que certains sont très demandeurs. Ainsi Olivier Panis, Laurent Groppi ou Simon Pagenaud. Pour eux, « du massage à la manipulation, ce sont deux à trois interventions par jour. » Avec Soheil Ayari, c'est différent. « Venu du sport de haut niveau, il se gère lui-même ; il sait quand il aura besoin de moi. Ce sera essentiellement pendant la course ».

Pendant l'épreuve, justement, Beppe, Séverine et Vincent forment une sorte de « garde rapprochée des pilotes », selon l'expression de Pierre Dieudonné. Leur rôle : s'assurer du réveil du pilote, de son niveau d'éveil avant de repartir ; préparer la gourde, la ration alimentaire d'attente avant le relais suivant, etc. C'est leur côté nounou. Même si Vincent Klingelschmitt réfute l'expression. « Je ne suis pas la nounou, mais je suis présent. Pour un soin, mais aussi pour écouter ou parler avec le pilote. Parfois un regard suffit. » Là encore, le facteur humain est pris en compte tout autant que la technologie. « La nuit, la pluie, c'est un combat, c'est la guerre » témoigne Pierre Dieudonné. « Le pilote qui rentre au stand retrouve une équipe en recherche de performance pure. Il peut être fragilisé, et avoir besoin d'être remis en confiance. Il n'en parlera pas forcément à son ingénieur, ou à Hugues de Chaunac. » Mécanos du corps, mais aussi ingénieurs de l'âme.





Marc LE DUC.

Ouest-France

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