Jacky Beaufils a suivi les échauffourées depuis le premier étage de cet immeuble, situé à l'angle de la rue Auvray et de l'avenue Leclerc. Du balcon de la rédaction de Ouest-France, qui se trouvait là en 1968, vue imprenable sur la préfecture ! Deux commissaires échappent au lynchage
« Les premiers jours de mai, on voyait les événements se développer à Paris sans imaginer que ça pourrait venir jusqu'ici, rappelle Jacky Beaufils. La vie suivait son cours, comme de si de rien n'était. Le campus, toujours en construction, n'était qu'une annexe de la fac de Caen, avec 2000 étudiants en lettres et droit. On a commencé à sentir quelque chose quand les grosses manifs ont commencé. »
La première, organisée le 8 mai, rassemble 10 000 personnes dans le calme. La seconde, le lundi 13 mai, répond à un appel à la grève générale et réunit 25 000 manifestants au Mans. « Défilé en ville, prises de parole devant la préfecture... Tout s'est parfaitement déroulé, jusqu'au moment où les responsables syndicaux ont appelé à la fin de la réunion. Un groupe de 200 à 300 manifestants a alors refusé de partir. Ils ont commencé à secouer les grilles. »
Les bancs sont renversés, les mâts dressés pour la commémoration du 8-Mai 1945 sont brisés et transformés en matraques tandis que d'autres « se mettent à dépaver la place, pour faire comme à Paris ». Deux commissaires tentent de raisonner les manifestants. Ils échappent « au lynchage » de justesse « grâce à l'intervention des derniers éléments débordés du service d'ordre mis en place par les unions départementales CGT et CFDT et de témoins révoltés de la scène ». Parmi eux, M. Bézu, conseiller municipal du Mans, « sérieusement blessé à la tête par un pavé », doit être hospitalisé (Ouest-France du 15 mai 1968).
« Un véritable climat insurrectionnel »
« Une fois dans la cour, les gars ont retourné la voiture du préfet, une DS, poursuit Jacky Beaufils. Ils ont commencé à balancer des pierres dans les fenêtres de ses appartements. » En réponse, les premières grenades lacrymogènes « tombent » de ces mêmes fenêtres. Vers 19 h, les gendarmes parviennent à expulser les « vandales » de la cour de la « Maison départementale ». Mais la soirée ne fait que commencer.
D'après Ouest-France, « un véritable climat insurrectionnel » s'instaure place Roosevelt, où les « énervés » dressent une barricade. Pour la renforcer, ils y placent une remorque de chantier à laquelle ils mettent le feu... En allant jusqu'à briser « les vitres du véhicule d'incendie appelé sur les lieux et [molester] les pompiers » appelés pour éteindre cet incendie.
Jacky Beaufils, lui, se souvient « de gars qui se sont canardés avec les flics jusque vers minuit », juste au-dessous du balcon de la rédaction de Ouest-France. La dernière charge des gendarmes laisse la place vide et désolée. Le lendemain, les dégâts seront estimés à « au moins 10 millions d'anciens francs ». On comptera une centaine de blessés de part et d'autre.
Un lourd bilan, unanimement condamné (lire ci-dessous), que les lecteurs de Ouest-France n'ont pu découvrir que le surlendemain, leur journal n'étant pas paru le mardi 14. Le lundi 13 mai, les journalistes aussi, étaient en grève.
Stéphane VERNAY.
Quelques années après « Mai 1968 », Jacky Beaufils a quitté Le Maine Libre pour Ouest-France, où il a terminé sa carrière au poste de directeur départemental de la Sarthe. Il a pris sa retraite le 1er mai 2007.

enfin l'été, on peut manger en terrasse. j'y vais au moins une fois par mois, et c'est toujours...

endroit sympathique où l'on mange très bien. les serveurs sont agréables et ont toujours le...

accueil très chaleureux, service impec' et plats variés. dîner en terrasse dans la rue pavée...

Autant le premier volet joue sur l'humour de la rencontre avec des véhicules...

Vraiment aucun intérêt, le scénario ? Rien, L'histoire ? Affligeante, espèce...
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