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Accueil minimum à l'école : le zèle de l'inspecteur... |
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La loi impose désormais aux mairies d'accueillir les élèves quand leurs instituteurs sont en grève. Pour les petites communes, c'est un casse-tête. Est-ce une raison pour prendre des libertés avec le respect de la vie privée ?
Un employeur qui diffuse les adresses persos de ses anciens salariés... C'est l'initiative prisepar l'inspecteur d'académie pour développer l'accueil des élèves, en cas de grève. Choquant.
Le mouvement de grève de jeudi, à l'appel de presque tous les syndicats de salariés du public et du privé, sera très suivi dans l'enseignement. Du coup, Jean-Claude Rouanet a pris la décision d'envoyer une note à tous les maires des communes qui abritent une école publique. Le texte rappelle que la loi du 20 août 2008 impose l'accueil des enfants en cas de grève et que, pour cela, elle permet de recruter ponctuellement des étudiants, des assistantes maternelles, ou encore des personnels d'associations familiales...
« C'est n'importe quoi ! »
Rien d'anormal. Sauf qu'à cette note de rappel, est jointe une liste de 287 noms, ceux de « personnels enseignants retraités durant ces quatre dernières années ». À chaque fois, un nom, un prénom, suivis d'une adresse personnelle. Bernard Vétillard, maire-adjoint du Mans et ancien conseiller pédagogique, n'en revient pas quand on lui apprend qu'il figure sur la liste : « C'est n'importe quoi ! C'est très choquant qu'un ancien employeur diffuse ainsi des adresses personnelles. En plus, moi, je suis totalement contre le service minimum d'accueil. »
« Balancer une liste dans toutes les communes avec des adresses personnelles, je ne sais même pas si c'est légal », tempête un autre instit à la retraite. Pour se justifier, l'inspecteur d'académie parle de « l'intérêt des familles confrontées aux problèmes de garde ». Il invoque aussi « le manque de temps pour prévenir individuellement chaque personne » figurant sur la liste. « Peut-être que je suis allé au-delà de ce qui est souhaitable de faire », finit-il par déclarer en ajoutant que « ce procédé inhabituel a pu provoquer un certain désarroi. »
Les prévisions du nombre de grévistes, donc du nombre de personnes nécessaire pour les remplacer, devraient être connues en début de semaine. L'inspection d'académie est tenue de les communiquer aux mairies au moins 48 heures à l'avance. À partir de là , s'il n'est pas sur liste rouge, le téléphone de 329 retraités sarthois de l'enseignement risque de se mettre à chauffer. Alors qu'ils n'ont rien demandé.