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Nicolas Batum : « La NBA est un business »... |
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En deux mois de NBA, Nicolas Batum a su conserver sa place de titulaire avec Portland. Photo © AFP.
Régulièrement, Nicolas Batum, l'ex-Manceau, nous livre ses impressions sur sa première année en NBA.
« Le rythme effréné de la NBA continue. Je viens d’avoir une série de trois jours sans match. C’est très rare. Les trois dernières semaines, nous avons enchaîné les rencontres sans jamais avoir plus d’un seul jour de repos. Depuis le début de la saison, on a été l’équipe qui a joué le plus souvent à l’extérieur. Résultat : on a encaissé trois défaites d’affilée car on était sur les rotules. A l’entraînement, on était mort, la langue pendante.
Cette mini-trêve est tombée pendant mon anniversaire (il est né le 14 décembre). Le dimanche, jour de mes 20 ans, j’ai voulu aller à l’entraînement, histoire de faire quelques shoots. Mais il y a eu une tempête de neige à Portland. Impossible de sortir, j’étais bloqué. J’ai donc fêté ça chez moi. Mais c’était chouette, avec une partie de ma famille. Jamais je n’aurais pensé fêter mes 20 ans en NBA, surtout en étant titulaire !
Personnellement, j’ai eu un petit coup de pompe sur les deux dernières semaines. Il y a eu cinq-six matches, c’était vraiment pas ça, des prestations complètement pourries. Je commençais à me poser des questions. J’étais énervé contre moi. J’ai compris que mon corps avait du mal à suivre. Depuis la mi-août, j’ai dû avoir quatre jours de repos. Channing Frye (l’un de ses équipiers) m’a alors dit : « Pour ton année de rookie (première année), tu es obligé d’avoir un coup de pompe, ce n’est pas possible autrement. » Steve Blake et Joel Przybilla (deux autres partenaires) m’ont dit la même chose.
"J'ai cru que ma saison était finie"
Heureusement, le match contre Sacramento (joué le 16 décembre) m’a rassuré. J’ai marqué des points à des moments importants (12 points et 6 rebonds en 24 minutes). J’ai fait un bon boulot en défense. Le coach était super content de moi. Après la mi-temps, il m’a demandé de défendre sur John Salmons. Il avait marqué 21 points en première période. Et il n’en a pas inscrit un seul ensuite.
J’espère que cela va me relancer car quand Martell Webster est revenu, mes performances étaient vraiment moyennes. Je me suis dit : « Ca y est, il est de retour. Il va profiter de ma méforme pour avoir du temps de jeu. C’est mort, ma saison est finie. » Et puis, il se blesse à nouveau. Déjà, si j’ai pu être titulaire en début de saison, c’est sûrement en raison de son absence. Là, il est out encore pour un mois. Je le vois de plus en plus comme un signe.
Les derniers jours ont été marqués par le transfert de Boris Diaw à Charlotte. Cela doit être dur de quitter une équipe solide pour arriver dans un club en pleine construction, qui ne gagne pas beaucoup. Quand j’en parle avec Alexis (Ajinça, qui a été drafté en même temps que Batum et évolue à Charlotte), il me dit : « On est une bonne équipe, je te promets. » On ne doit pas voir les mêmes matches… Boris n’a rien eu à dire sur son transfert, c’est la loi de la NBA. J’ai un peu vécu ça à la draft. J’ai failli aller à San Antonio puis, finalement, c’est Houston qui me prend, et un quart d’heure plus tard, je suis échangé à Portland. J’étais dans une colère noire. Mais ça m’a mis dans le bain. Désormais, je sais à quoi m’attendre. En NBA, il n’y a pas d’état d’âme. Un dirigeant te sert la main puis peut se débarrasser de toi comme il le veut. C’est du basket business où l’on joue même le jour de Noël (il joue face à Dallas le 25 décembre). »
Recueilli par Thomas GILBERT.