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Affaire Belluardo-Chide : le mystère d'un double crime3 |
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Dans la nuit du 26 au 27 novembre 2004, Yves Belluardo et Martine Chide sont tués à leur domicile de la rue de l'Éventail, au Mans. Quatre ans après, le double meurtre reste un mystère.
Quatre ans après le décès du comédien et de l'enseignante tués à leur domicile du Mans,dans la nuit du 26 au 27 novembre 2004, l'enquête est au point mort.
Pour quelle raison les a-t-on tués ? Pourquoi avec une telle sauvagerie ? Avec quel poignard ? Quelle arme de poing ? Quatre ans après la mort de Yves Belluardo, 66 ans, et de sa compagne Martine Chide, 57 ans, le mystère du double-meurtre, ou assassinat, du 43, de la rue de l'Éventail reste entier.
Le crime
Le samedi 27 novembre 2004, en début d'après-midi, le comédien et l'enseignante sont découverts baignant dans leur sang à l'étage de leur petite maison couverte de vigne vierge située au coeur du quartier chic du jardin des Plantes, au Mans. Lui a été tué avec une arme de poing de petit calibre et poignardé. Sa compagne a succombé à une dizaine de coups de couteau portés avec une extrême violence.
Aucune arme, ni aucune douille de balles ne vont être retrouvées sur les lieux. La maison ne semble pas avoir été fouillée. Cambriolage qui a mal tourné, vengeance, « contrat » passé sur la tête du couple, règlement de compte familial : toutes les hypothèses sont évoquées et constituent des pistes sur lesquelles se lancent les policiers. Seul indice : un voisin a entendu comme un bruit de vitre cassée la veille un peu après 23 h. En effet, un petit carreau de la fenêtre du rez-de-chaussée du jardin donnant sur la rue est brisé.
L'enquête
L'affaire est immédiatement confiée au service régional de police judiciaire (SRPJ) d'Angers. Les policiers mettent le paquet dès le début. Une dizaine d'enquêteurs s'active. L'habitation et son jardin sont passés au peigne fin. Relevés d'empreinte, collecte d'objets divers qui pourraient livrer des indices, ordinateur et carnet d'adresse épluchés : un vaste travail de police technique et scientifique débute. La voiture du couple stationnée devant chez eux est passée au crible.
Les égouts situés dans le périmètre de la maison sont fouillés. Ainsi que le jardin des Plantes dont le bassin sera même vidé. Au fil des années, des centaines d'auditions vont se succéder ; on parle de plus de 400 personnes entendues. En vain. Idem pour la centaine de prélèvements effectués dont les analyses ne donneront rien. Contrairement à ce qui avait été indiqué, il n'y a même pas une trace d'ADN. Seule reste une trace de pas relevé dans le jardin. Mais on ignore de quand elle date.
Au fur et à mesure de leur travail, les enquêteurs referment les pistes qu'ils avaient exploitées en Sarthe, mais aussi à Paris où Yves Belluardo travaillait régulièrement.
Au final, c'est un « dossier maudit », estime une source proche de l'enquête pour qui il reste aujourd'hui deux hypothèses qui pourraient permettre de confondre le ou les auteurs du double crime. « Soit un rapprochement avec une autre affaire. Soit des révélations directes ou indirectes que des témoins ou des personnes liées à ce dossier pourraient confier aux enquêteurs. »
SRPJ d'Angers (tél. 02 41 57 54 11). 15, rue du Petit-Thouars, 49036 Angers cedex 01.
Les « ratés » judiciaires
En quatre ans, trois juges d'instruction se sont succédé dans ce dossier. En 2007, les familles des victimes ont même écrit à Rachida Dati pour se plaindre d'avoir été totalement ignorées par le premier magistrat qui ne les avait jamais reçues. L'année dernière, une deuxième juge d'instruction a finalement repris le dossier après la mise à l'écart du premier. Seul hic : son greffier tombé malade n'a pas été remplacé. Ce qui a fortement ralenti son travail.
Enfin, depuis quelques mois, le dossier a atterri sur le bureau d'un troisième juge d'instruction. « Une configuration juridique pas idéale », estime avec beaucoup de retenue une source proche du dossier qui n'hésite pourtant pas à le qualifier de « dossier maudit ».
Les victimes collatérales
Depuis quatre ans, Julie Chide, la fille de l'enseignante décédée, désespère. La maison de sa maman tombe en décrépitude. Pour cause d'enquête, personne ne peut en effet pénétrer dans la maison du crime qui a été placée sous scellés. En revanche, la fille de l'enseignante doit toujours s'acquitter de la taxe foncière et de l'assurance de l'habitation. Et ne peut ni récupérer ses affaires qui sont à l'intérieur, ni la mettre en vente.
Il y a pire. Les deux assurances-vie contractées par sa maman sont, elles aussi, gelées. La première parce que Julie Chide ne peut pas fournir les documents nécessaires à la procédure qui sont « bloqués » dans la maison ; et la seconde parce que l'assurance n'a pas reçu de la justice les pièces qu'elle attend pour débloquer l'argent.
Enfin, les corps de Martine Chide et Yves Belluardo sont toujours « provisoirement » inhumés au cimetière Sud. Là aussi, impossible pour les familles de récupérer les corps des victimes pour enfin accéder à leurs dernières volontés : l'incinération.
Igor BONNET.
Arf, "Non élucidé" sur RMC Story (canal 23) le mercredi 31 Juillet à 18h15 me mène ici pour en savoir plus. Mais il semblerait que cette affaire soit gelée.