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Après deux ans, le tram en vitesse de croisière... |
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Hier, avenue du Général-Leclerc. Après une montée en puissance rapide, la fréquentation se stabilise depuis le mois de mars. Photo © Philippe Blondel
Jusqu'en mars, la fréquentation a explosé. Depuis, le nombre de voyages se stabilise. Plus vite que prévu.
Après deux ans, le tram, c'est toujours un succès ?
Ça roule plutôt bien, merci ! Depuis sa mise en service, le 17 novembre 2007, le tram a enregistré plus de 23 millions de voyages. Après la galère des travaux, les Manceaux l'ont tout de suite adopté. Aujourd'hui, avec 280 000 voyages par semaine en moyenne, c'est la moitié du trafic total de la Setram.
Jusqu'en mars 2009, la fréquentation n'a cessé d'augmenter. « Depuis, elle se stabilise, constate Jean-Paul Pringuet, directeur de la Setram. Le tram est monté très vite en puissance. Mais il a aussi trouvé sa vitesse de croisière plus vite que prévu. »
La crise a-t-elle eu un impact sur la fréquentation ?
C'est en tout cas l'analyse de la Setram. « La crise a entraîné une baisse de fréquentation des transports collectifs dans beaucoup de villes, assure Jean-Paul Pringuet. Au Mans, une partie des gens prend le tram pour aller faire des achats. Depuis quelques mois, ils se déplacent moins en ville. »
Comment le mesure-t-on ? En fait, c'est le nombre de tickets à l'unité qui diminue : les trajets ponctuels (moins 10 % depuis le début de l'année). Les abonnements salariés, eux, sont toujours en augmentation (10 %).
A quels moments le tram est-il le plus fréquenté ?
La semaine des 24 Heures, ça explose ! Le record a été battu cette année le vendredi, avec plus de 57 000 validations en une journée, contre 48 000 en moyenne habituellement. Sur toute la semaine, il y a eu quasiment 300 000 voyages.
Le reste du temps, on retrouve des pics classiques : les heures de pointe, chaque jour, avec les scolaires et les travailleurs qui débauchent. Vers Antarès, ça cartonne quand il y a des matches ou des concerts... Le dimanche, c'est en chute libre. Sauf quand il y a la grande braderie !
Y a-t-il eu beaucoup d'accidents et d'agressions ?
Quelques collisions, mais pas de gravité importante. « Même si on sait que ça peut toujours arriver », tempère Jean-Paul Pringuet. Les agressions, en revanche, sont en augmentation. 17 cas en 2007, 29 en 2008 ; et déjà 26 cette année. « Ces données regroupent les agressions du personnel Setram, mais également des voyageurs, indique la direction. Concernant notre personnel, huit fois sur dix, ce sont des contrôleurs. En septembre, la police a organisé des patrouilles. »
Le prix du ticket va-t-il continuer d'augmenter ?
Oui, sans doute ! C'est actuellement en négociations. La première année, la Setram n'avait rien changé : c'était pour faire passer la pilule des travaux. Après, il y a eu deux ans de suite des augmentations, qui ont pu être assez salées sur certains forfaits.
En fait, cette politique avait été décidée dès 2004. L'esprit : augmenter progressivement la part payée par l'usager, par rapport à celle du contribuable. Il faut bien financer le fonctionnement et rembourser les travaux : 300 millions d'euros.
Pour les années à venir ? La politique tarifaire se décide en ce moment. Les usagers vont bientôt savoir à quelle sauce ils seront mangés !