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Au camping, l'alcool rentre malgré les contrôles2 |
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Tony : « C'est facile de faire rentrer de l'alcool. Ils ne peuvent pas tout contrôler, il y a trop de monde. »
24 Heures Moto. L'arrêté préfectoral anti-alcool durant la course s'avère difficile à appliquer. Dans les supermarchés. Et sur les campings.
Le musculeux Tony, motard venu de Blois, tire le zip de sa tente basse. Sous la toile bleue, neuf packs de bière. Un peu plus loin, un de ses copains brandit deux bouteilles de pastis : « Apéro ! » Sur le camping des 24 Heures moto, les arrêtés anti-alcool restent difficiles à appliquer. Y compris l'interdiction de faire rentrer du verre.
Certes, des équipes de sécurité patrouillent, fouillent, confisquent. Ou demandent aux spectateurs qui déboulent avec de l'alcool de vider leurs bouteilles. Mais des paquets de motards passent à travers les mailles du filet. En l'occurrence, les mailles du grillage.
Sous la grille
Même cadenassées, les hautes portes grillagées des campings ont une faille : un espace suffisant, au sol, pour y glisser petits objets ou bouteilles. « La nuit, il y en a aussi qui balancent par-dessus », confie Tony.
Les autres astuces : planquer les bouteilles au fond des sacs. Ou sous le capot du moteur de la voiture. « Il y a tellement de monde, ils ne peuvent pas tout contrôler. Les fouilles sont rapides. »
Rapides, mais irritantes : « Si un copain se pointe avec quinze litres, parce qu'on est quinze sur le camping, il est coincé. Alors qu'on est autorisé à boire un litre par personne. » C'est là que réside la nuance. Cette année, l'arrêté préfectoral stipule qu'il ne peut être vendu et transporté que deux litres de bière par personne. Ou un litre d'alcool fort. Terminé, donc, en théorie, l'achat groupé pour la fiesta collective.
Tout en admettant l'intérêt d'une sécurité renforcée, Tony s'agace : « C'est moins le bordel, c'est vrai. Mais ce n'est pas parce qu'on boit qu'on va balancer des cannettes. Dans un festival ou au bal du 14 Juillet, ils servent de l'alcool, ça ne pose pas de problème. »
Les violents dérapages du passé ? « Il y a toujours une minorité qui déconne. Mais on est des gens responsables. La moto, on la pose et elle ne bouge plus du week-end. Le samedi soir, on picole moins, pour être à jeun le dimanche. »