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Avec les médiateurs, les collégiens moins absents... |
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Emmanuel Julliot, le conseiller principal d'éducation du collège Val-d'Huisne (à gauche), fait le point sur les élèves absents avec Henri Maubert, « médiateur de réussite scolaire. »
Depuis un an, deux médiateurs sont chargés de faire la chasse à l'absentéisme au collège Val-d'Huisne,dans le quartier des Sablons. Les résultats sont là.
Alain Galeazzi, le principal, et Emmanuel Julliot, le conseiller principal d'éducation du collège Val-d'Huisne, ne manient pas la langue de bois. Tous deux décrivent l'absentéisme comme « un fléau ». Encore plus dans un établissement scolaire de 215 élèves, implanté dans un quartier populaire, davantage touché que d'autres par le chômage et la précarité.
« Le problème avec l'absentéisme, si on ne fait rien, c'est que les choses dérivent et empirent très vite, précise Alain Galeazzi. Outre qu'on doit savoir très vite où se trouve l'élève absent, il y a toutes les heures de cours ratées. C'est mécanique. Un élève absent = des résultats qui chutent. »
24 heures par semaine
Alors quand, début 2009, on a proposé à Val-d'Huisne, des moyens supplémentaires à travers les médiateurs scolaires, le collège a dit banco (lire ci-dessous). « Même si, à titre personnel, je considère que le recrutement à travers des contrats précaires n'est pas une bonne solution », précise Emmanuel Julliot. En avril 2009, Val-d'Huisne recrute donc deux médiateurs.
24 heures par semaine, payées au Smic... Henri Maubert est du matin, son collègue Damien de l'après-midi. Le coup de feu, c'est toujours la première heure de cours. « L'appel effectué par chaque professeur est transmis instantanément, par informatique, à l'équipe de vie scolaire. Quand un élève est absent, je dois rapidement contacter la famille, explique Henri Maubert. D'abord pour s'assurer qu'elle sait bien qu'il n'est pas au collège. Ensuite pour obtenir une explication. »
L'absentéisme recule
Rien de différent de ce qui se fait dans les autres collèges et qui se faisait à Val-d'Huisne, avant l'arrivée d'Henri... Sauf que, grâce aux médiateurs, « on ne lâche plus l'affaire ». Henri Maubert ne se contente pas de laisser un message sur un répondeur (qui peut-être effacé), ni même d'un simple contact téléphonique.
« Toute absence, justifiée ou injustifiée, doit faire l'objet d'une réponse écrite des parents, explique Emmanuel Julliot. Et cela prend beaucoup de temps. Sans les médiateurs, on n'y arriverait pas. » Le CPE a beaucoup d'autres tâches à assumer. Comme la dizaine d'assistants d'éducation : au Val-d'Huisne, classé Zep ambition réussite, ils sont très impliqués dans les projets pédagogiques, en collaboration avec les enseignants.
Au fait, l'effet médiateurs, ça marche ? Clairement, oui. Val d'Huisne peut afficher un recul de 20 % de l'absentéisme depuis l'arrivée des médiateurs. Même si ce n'est pas la solution miracle. « Il n'y en a pas. On a par exemple cette année deux élèves qui ont décroché et qui représentent 13 % du volume total des absences », précise le principal.
À la rentrée prochaine, l'expérience sera reconduite. Mais sans Henri Maubert, en fin de contrat et qui ne peut rempiler. À 54 ans, l'homme veut valoriser son expérience et cherche du boulot dans l'éducation. Henri Maubert savoure les petites batailles gagnées. Comme ces gamins qui arrivaient systématiquement cinq minutes en retard le matin. À force de les houspiller gentiment au portail, certains sont maintenant à l'heure.