Avec un rein artificiel, Alain fera les 10 km
Alain Trouillet a eu la chance d'être greffé du rein, après « seulement » deux mois de dialyse. Il a retrouvé une vie normale. Notamment la possibilité de courir les 10 km du cross Ouest-France.
Il croyait son existence à jamais perturbée par son insuffisance rénale. Une greffe il y a 8 moislui a fait retrouver une vie normale. Il a repris la course.
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Alain Trouillet se souvient encore de ce soir d'avril 2007. « À 23 h 30, un coup de fil me prévenait qu'ils avaient trouvé un donneur. Je devais venir tout de suite ». Le temps de prendre sa valise, prête depuis longtemps, et il arrivait à l'hôpital de Nantes. « On m'a greffé un rein, le 1er mai. À partir de ce jour-là, ma vie a changé. Mais j'ai bien conscience d'avoir eu une sacrée chance. Moi, je n'ai passé que deux mois sous dialyse ». En moyenne, les malades y sont contraints de nombreuses années, voire toute leur vie. Et franchement, soupire Alain Trouillet, ces trois séances hebdomadaires de 4 h chacune au service d'hémodialyse de l'hôpital, « ce n'est pas marrant ». « On est allongé sur un lit, pendant que la machine filtre notre sang. Ce que nos reins ne sont plus capables de faire. C'est une intervention absolument vitale pour un malade. Mais cela fatigue énormément, on n'a pas la pêche... Continuer à avoir une activité professionnelle, ce n'est vraiment pas évident. Moi, j'étais travailleur indépendant, j'ai choisi ce moment pour vendre mon affaire ». Maladie génétiqueQuand il a commencé la dialyse, en mars, Alain Trouillet s'était même résolu à faire une croix sur ses vacances d'été. « Car cela nécessite de se faire prendre en charge par un hôpital à proximité de son lieu de résidence. Ça limite les mouvements ». Contrairement à de nombreux malades, cette insuffisance rénale, Alain Trouillet s'y attendait. Plus ou moins. « Chez moi, elle est d'origine génétique. Une de mes tantes était morte d'urée, comme on dit ». Alors pendant des années, il a eu des traitements préventifs. Mais dès que la maladie se déclare, « ça se complique de manière exponentielle ». Il n'y a alors pas d'autres alternatives que la dialyse ou la greffe. Quand c'est possible. Il faut qu'il y ait compatibilité entre le donneur et le receveur. « L'opération a coûté 42 000 €. Sans compter l'hospitalisation, les traitements antirejet, extrêmement onéreux, les déplacements à Nantes... On a vraiment un bon système de santé en France ! »Premier cross depuis la greffeDix jours après sa greffe, Alain Trouillet était déjà en train de jardiner. Il a ensuite repris le footing. Et le week-end prochain, il sera au coeur du peloton des 10 kilomètres. Sa première course depuis la maladie et l'opération. « Autrefois, j'avais participé à plusieurs cross Ouest-France. Je pensais que ce ne serait plus possible ».La soixantaine rayonnante, Alain Trouillet savoure sa nouvelle vie. « Le jour et la nuit ! La liberté d'aller où je veux, quand je veux. Bien sûr, je prendrais les médicaments antirejet jusqu'à la fin de ma vie. Mais au moins, cette vie, elle est normale ». Aussi a-t-il décidé d'en consacrer une partie aux malades qui ont eu moins de chance. Il est devenu le représentant départemental de l'association d'Aide aux insuffisants respiratoires (lire plus bas). Il a commencé à rendre visite à ceux qui se trouvent en dialyse. Pour leur soutenir le moral. « Parce que je sais combien c'est dur. »Laurence PICOLO.
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