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Ce cuivre qui attise tant les convoitises !1 |
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Patrick Dodin, chef d'une entreprise d'électricité, a sécurisé son atelier de stockage de cuivre au Mans.
Les cambrioleurs ne s'y trompent pas. En dépouillant entreprises et chantiers du métal, ils savent que le profit sera substantiel. Las, artisans et sociétés s'organisent contre cette délinquance.
230 % ! C'est l'augmentation du cours de la tonne de cuivre au niveau international, en deux ans : au 1er janvier 2009, la tonne environnait les 2 000 € (2 900 dollars) ; en février 2011, elle est passée à 6 760 € (9 800 dollars). L'une des origines de cette flambée : l'émergence de la Chine et ses milliers de chantiers dévoreurs du métal brun-orangé. Cette mécanique infernale du prix de l'offre et de la demande aiguise l'appât du gain des cambrioleurs, de certains ferrailleurs et receleurs peu scrupuleux. Ils déploient ruses et risques pour dépouiller chantiers et entreprises utilisant ce métal qui vaut de l'or.
La Sarthe n'est pas épargnée par ces escroqueries. Le marché noir tourne à fond, mine le moral des sociétés, petites ou grandes, publiques ou privées, plombe leurs finances dans un contexte économique déjà fragilisé.
13 tonnes volées
Patrick Dodin est chef d'une entreprise d'électricité et président de la Fédération départementale du bâtiment et des travaux publics. Plombiers, électriciens, climatiseurs... 20 % des 650 boîtes de BTP sarthoises sont de gros pourvoyeurs de cuivre. Donc des cibles potentielles.
« En moyenne, nous sommes touchés une fois par semaine par des vols, recense Patrick Dodin. Le coup dur pour nous, c'est lorsque des installations toutes neuves sont saccagées pour récupérer le cuivre. Le préjudice est plus lourd, car il faut refaire tout le chantier. »
Le jovial patron d'une trentaine de salariés ne désarme pas. Mais préfère taire l'endroit de son atelier de stockage, craignant de ne pas avoir la même chance que l'un de ses confrères. Délesté, une nuit de la semaine dernière, de 13 tonnes de cuivre estimées à 150 000 €. La précieuse marchandise a été récupérée par les gendarmes, un homme a été écroué. (Lire ci-contre).
Un référent préfectoral ?
« On apprend à travailler autrement, avoue-t-il. On emmène du cuivre sur le chantier que lorsque nous sommes sûrs de l'utiliser le jour même. S'il y a un peu de stock, on le range dans la partie sécurisée du bâtiment en construction. Fini les cabanes de chantier ! »
Des sociétés de gardiennage sont recrutées, des alarmes anti-intrusion, des caméras sont installées... « Nous avons demandé au préfet Pascal Lelarge de nous désigner un référent à la préfecture, afin d'éviter l'attente lors d'une plainte et de multiplier les démarches. » Le président de la fédération s'appuie sur les 60 départements qui ont déjà signé une convention. Parmi eux, la Loire-Atlantique, l'Ille et Vilaine, la Manche, le Calvados...