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Choupette, pomme sarthoise, se fait croquer à Paris

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photo hier, au salon de l'agriculture, à paris. une partie de l'équipe des vergers des vaux-du-loir, qui assure la promotion de la choupette, pomme croquante, sucrée et parfumée, dont on tire aussi un jus sans sucre ajouté. 1

Hier, au Salon de l'agriculture, à Paris. Une partie de l'équipe des vergers des Vaux-du-Loir, qui assure la promotion de la Choupette, pomme croquante, sucrée et parfumée, dont on tire aussi un jus sans sucre ajouté.

Elle représente la Sarthe au sein de l'espace Pays de la Loire du Salon de l'agriculture. La pomme Choupette, c'est l'histoire d'un succès champêtre.

« Mmmm... Elle est sucrée. »Fin de matinée, lundi. Au milieu de la foule qui envahit le Salon de l'agriculture, une jeune femme croque un quartier de pomme baptisée d'un nom très chouette: Choupette.

Cette pomme jaune et rouge fleurit au stand tenu par Odile et Charlie Gautier. Seuls représentants de la Sarthe dans l'espace aménagé par la région Pays de la Loire, ces producteurs de La Bruère-sur-Loir vivent une success story.

Au départ: le petit verger familial des Vaux-du-Loir, six hectares hérités des parents de Charlie, qui montaient jusqu'à Paris écumer les marchés. Odile et Charlie prennent le relais. Mais, pour s'occuper au mieux de leurs trois enfants, restent sédentaires et visent la grande distribution. Pari gagnant. Petit à petit, le verger s'agrandit. Il atteint aujourd'hui 65 hectares. Dix fois la surface d'origine.

« Un club de la Choupette »

Affaire la plus juteuse: la plantation de la Choupette, née d'une association entre un pépiniériste angevin et l'Institut national de la recherche agricole. En 2000, avec un voisin d'Indre-et-Loire, Odile et Charlie Gautier obtiennent l'exclusivité nationale pour l'exploitation de cette variété. Dont la chair épaisse séduit vite les amateurs de fruits rustiques.

Conscients du potentiel de la filière, Charlie et Odile fondent un « club de la Choupette », qui réunit plus de trente producteurs à travers la France, essentiellement dans la vallée du Loir. Soumis à un cahier des charges drastique, ces producteurs doivent écouler leur marchandise via ce club associatif. Intérêt? Il pèse assez lourd pour assurer la promotion de la marque, négocie auprès des grandes enseignes et garantit un minimum de pertes.

« Tout ce qui ne part pas à l'emballage après le tri est valorisé en jus ou en pétillant », précise Odile Gautier, qui envisage d'abandonner le pressoir traditionnel pour monter « une petite usine de transformation locale ». Car les volumes gonflent. Sauf météo pourrie, comme l'an dernier, le club produit, en moyenne, 3 500 tonnes de pommes par an. Et 70 000 litres de jus.

180 000 pommiers

Un développement à l'image de la « maison mère ». Près de 180 000 pommiers ont pris racine dans les vergers des Vaux-du-Loir, où fermente un « artisanat high-tech ».

Les pommes sont « ramassées main », mais protégées par des filets anti-grêle et des éoliennes chauffantes antigel. Les insectes suspects passent sous le microscope. Sondes et stations météo permettent d'analyser l'eau, de mesurer le degré d'humidité du sol, avec une alerte quand il est temps d'arroser.

« Et un logiciel nous permet de voir les projections des spores de champignons. En fonction des résultats, on décide de traiter ou pas, mécaniquement ou chimiquement. Mais la particularité de la Choupette, c'est qu'elle résiste bien aux maladies. Et demande donc moins de traitements », précise Mathilde Gaborit, ingénieur en agriculture, responsable qualité du verger.

49 équivalents temps plein

L'investissement porte ses fruits. L'entreprise familiale emploie 49 équivalents temps plein. Auxquels s'ajoutent une centaine de paires de bras durant les trois mois de cueillette. « L'an dernier, on a signé cinq CDI, dont un poste de comptable. Cette année, on envisage de recruter un nouveau commercial », détaille Odile Gautier, dont le stand parisien, à l'heure de l'apéro, accueille de plus en plus de gourmands.

« C'est l'intérêt de venir ici : retrouver le contact direct avec le consommateur. On voit le sourcil qui se monte, le sourire. Les gens posent des questions, certains nous sortent des super slogans. »

Il y a aussi des goûteurs professionnels, qui arrivent incognito. « Ils testent, repèrent les réactions du public. Et trois jours après, on a un appel téléphonique. » Il y a surtout les gros clients.

Comme ce nouveau responsable relations PME de Carrefour, qui se présente au stand, avant d'inviter le couple Gautier au bar voisin des Pays de la Loire. On parle texture, saveur. Et business. « Visiblement, il a flashé sur le jus », se réjouit Odile, qui espère encore développer sa pomme fétiche.

Pour l'instant, la Choupette se trouve dans la plupart des grandes surfaces du quart nord-ouest de l'Hexagone. « Le Salon de l'agriculture, c'est un moyen de se faire connaître au-delà. »

 
Jérôme LOURDAIS.   Ouest-France  

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