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Claude Hervé, l'homme au chevet du Mans FC

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photo à 75 ans, claude hervé aurait pu profiter tranquillement de sa fortune. c'était avant que jean-claude boulard ne le presse d'une mission de la dernière chance : tenter de réunir assez de monde et d'argent frais pour sauver le mans fc. © dominique breugnot 1

À 75 ans, Claude Hervé aurait pu profiter tranquillement de sa fortune. C'était avant que Jean-Claude Boulard ne le presse d'une mission de la dernière chance : tenter de réunir assez de monde et d'argent frais pour sauver Le Mans FC. © Dominique Breugnot

Sollicité par le maire, l'homme d'affaires a accepté de tenter de sauver le club de foot. Retour sur le parcours étonnant d'un fils d'ouvrier devenu l'une des plus grosses fortunes de la Sarthe. Lire aussi en Sports

Des participations dans une vingtaine de sociétés, qui vont du Leclercdes Fontenelles, en passant par des sociétés civiles immobilières ou encore 300 ha de forêts dans l'Yonne. Une superbe maison au Mans, une autre à Noirmoutier, un château à Coudrecieux... À 75 ans, Claude Hervé aurait pu profiter tranquillement de sa fortune. Mais bon, ce n'est pas le genre du bonhomme.

Il n'empêche. Que va-t-il faire dans la galère Le Mans FC ? En février, le septuagénaire confiait que le dernier objectif de sa vie professionnelle (bien remplie) était bien le déménagement de son Leclerc des Fontenelles. D'ici à 2015, Claude Hervé ambitionne de construire à Bener rien moins que « l'hypermarché du futur ».

C'était avant que Jean-Claude Boulard ne le presse d'une mission de la dernière chance : tenter de réunir assez de monde et d'argent frais pour sauver Le Mans FC. Il a accepté. Les mauvaises langues diront qu'il n'avait pas le choix. Qu'il ne pouvait refuser au maire du Mans ce service, quand l'implantation des grandes surfaces a besoin de l'appui des élus locaux. Peut-être.

CAP d'électricien

Un chef d'entreprise qui le connaît bien a une autre explication. « Claude Hervé est un Manceau pur jus. Il dit souvent qu'il veut rendre à la ville ce qu'elle lui a donné. Un peu comme s'il voulait laisser une trace... » Et si c'était la clé du personnage Claude Hervé, ce fils de jardinier parti de rien, devenu l'une des plus grosses fortunes de la Sarthe ?

Claude Hervé est né le 8 décembre 1937, au sein d'une famille modeste du Mans. Il a habité le quartier du Maroc, usé ses fonds de culottes sur les bancs de l'école Mauboussin. Il le reconnaît sans difficulté : il n'était pas un élève brillant. À 18 ans, il décroche un CAP d'électricien et entre chez Carel et Fouché. Avant d'être, très vite, embauché chez Renault.

Renault, c'est l'aristocratie ouvrière et ça paye bien. Mais Claude Hervé a d'autres ambitions. Et du flair. Dans le jardin familial, il a monté un pylône, qui capte ce nouveau média qui va bouleverser la société française : la télévision. Claude Hervé le sent et se lance. En 1962, au grand dam de ses parents, il quitte Renault. Il ouvre, avec son épouse, une société d'installation d'antennes. Il a 25 ans.

Le succès est fulgurant. Le jeune chef d'entreprise passe des contacts avec les promoteurs Leroi Haricot, avec les gendarmeries du Grand Ouest. L'effet télévision est tel qu'il installe des antennes alors que les gens n'ont pas encore de postes !

La guerre de l'essence

Sûr, Claude Hervé a la bosse du commerce. La légende dit qu'il a gagné ses premiers sous à 13 ans, en vendant les salades du potager paternel aux épiceries du quartier. L'argent récolté est réinvesti dans l'achat d'une caméra super 8. Le petit Claude propose des projections à ses camarades. C'est 5 centimes la séance.

Après la télé, la grande distribution. À la fin des années 60, Claude Hervé ne loupe pas le grand virage de la société de consommation. Il ouvre son premier supermarché à Saint-Pavace et entre dans le groupement Leclerc. Le grand saut a lieu, en 1972, avec l'ouverture de l'hypermarché d'Allonnes. Puis, il pilote la construction des premiers 6 000 m2 d'entrepôt du groupement à Champagné. Aujourd'hui, la Socamaine couvre près de 100 000 m2.

Dans les années 80, Claude Hervé fait plusieurs fois la Une des journaux locaux. Comme d'autres patrons de Leclerc, il mène la « guerre de l'essence », vendue au-dessous du prix, encadrée à l'époque par l'État. Cela lui vaut plusieurs passages au tribunal, qu'il utilise comme tribune pour « la défense du consommateur ». Gros bosseur, il se forge aussi la réputation d'être impitoyable en affaires. Un exemple ? Le jour de l'ouverture d'Auchan, en 1982, il vend son essence encore moins cher, histoire de détourner l'attention sur lui.

Le « bulldozer »

Deux ans plus tard, il gagne son surnom de « bulldozer ». Quand les pompistes en colère bloquent l'hypermarché, le patron du Leclerc fait défoncer les clôtures pour permettre aux clients d'entrer. Il y a aussi la guerre de la baguette, qui lui vaudra des passes d'armes homériques avec l'ancien maire communiste d'Allonnes : Yvon Luby lui refuse l'ouverture d'une boulangerie industrielle au Leclerc pour préserver le petit commerce.

Malin, Claude Hervé sait mener sa barque avec les politiques. En 1984, il est ainsi en plein conflit avec Robert Jarry et Jean-Claude Boulard. Le maire et le président de la communauté urbaine du Mans lui refusent l'ouverture, envisagée un temps, d'un hypermarché dans le quartier de Funay. Claude Hervé hurle au « racket » dans des tracts vengeurs. Cela lui vaudra une plainte en diffamation de Jean-Claude Boulard. Savoureux à 30 ans de distance...

À l'arrivée, Claude Hervé n'aura pas Funay. Mais, en 1996, il pourra transférer aux Fontenelles le Leclerc de Saint-Pavace. Et quand à la fin des années 90, le Mans Sarthe Basket va mal, le carnet d'adresses de Claude Hervé, ses qualités reconnues de gestionnaires et son argent en font déjà un recours idéal pour les élus manceaux. À la tête du conseil de surveillance, il fait le ménage dans les comptes sans jamais s'occuper du sportif, lui qui avoue en débarquant ne rien connaître au basket.

Dix ans après, le MSB va bien, merci. Le président idéal pour un Mans FC renaissant ? Lui ne veut pas. Il a un hyper à bâtir qu'il compte laisser à son petit-fils. Mais refusera-t-il, si on le lui demande ?

 
Patrick ANGEVIN.   Ouest-France  

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