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Double opération antiterroriste au Mans... |
Interpellés lundi matin, trois Tchétchènes ont été mis en examen, hier, pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Un quatrième homme, un imam de 36 ans, est activement recherché (lire son interview plus bas)
Une dizaine de véhicules banalisés, une trentaine de fonctionnaires de police, dont la moitié dissimulée sous des tenues de « Ninja » : plusieurs quartiers du Mans, se sont réveillés, lundi, au milieu d'une vaste opération de police menée à 6 h du matin par les hommes de la section antiterrorisme de la DCRI (direction centrale du renseignement intérieur).
Quatre appartements habités par des réfugiés tchétchènes étaient visés par les enquêteurs : deux dans le quartier des Sablons, un aux Glonnières et un en centre-ville. Après avoir enfoncé trois portes d'entrée, la dernière leur ayant été ouverte par les locataires, les policiers ont interpellé sans ménagement trois hommes et deux femmes.
Informatique et téléphone
Au terme des perquisitions qui se sont achevées vers midi, et qui se sont soldées par la saisie de documents papiers, de matériel informatique et de téléphones, les cinq personnes ont été conduites au siège de la DCRI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).
Après avoir été entendues toute la journée, les deux femmes ont été remises en liberté dans la soirée (lire le témoignage ci-dessous) ; les hommes, âgés de 21 à 36 ans, restant en garde à vue.
Tout aurait commencé il y a 7 mois environ à Moscou. Un ressortissant tchétchène est interpellé en possession d'armes et d'explosifs. Dans la chambre de son logement de la capitale russe, les policiers auraient découvert un titre de séjour délivré par la préfecture de la Sarthe et des plans pour fabriquer des bombes. Au fil de leur enquête, ils découvrent aussi que la femme de cet homme habite au Mans.
«Un sous-marin»
L'information est alors transmise aux autorités françaises ; l'enquête débute. Il y a une quinzaine de jours environ, les hommes de la DCRI se mettent à planquer dans le quartier des Sablons en utilisant une fourgonnette banalisée grise immatriculée dans la Mayenne, un « sous-marin » dans le jargon policier. Jusqu'aux interpellations de lundi.
Seul hic : une « cible » a échappé aux enquêteurs. L'homme recherché, un imam, père de cinq enfants, qui dispose d'un titre de résidence de dix ans, est alors en déplacement. Il rentre jeudi et découvre la convocation laissée par la police, qui a fouillé son appartement. Et embarqué le disque dur de son ordinateur.
Il prend alors contact avec le commissariat du Mans, où il est invité à se rendre lundi matin. Entre-temps, les hommes de la DCRI ont vent de ce coup de fil et décident de prendre les devants en revenant au Mans pour tenter de l'interpeller, hier matin. Sans succès. L'imam ne se trouve pas à son domicile. Les policiers rentrent bredouilles à Paris.
Au terme des 96 heures de garde à vue, les trois Tchétchènes ont été présentés devant le Parquet de Paris. Ils ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Le Parquet devait requérir, hier soir, un mandat de dépôt à leur encontre.