Drame du Mans : les questions, les nouveaux éléments
Environ 250 personnes réunies, hier en fin d'après-midi, devant la préfecture, en hommage à Josiane Nardi.
250 personnes se sont rassemblées, hier soir, devant la maison d'arrêt. Un hommage à Josiane Nardi, qui s'est immolée samedi matin.
« Pourquoi cette porte ne s'est-elle pas ouverte ? » La question est posée en grand sur le portique gris de la prison du Mans. Une banderole collée, ce lundi soir, par des associations de défense de l'homme. 250 personnes assistent à la scène, rassemblées à l'appel du collectif Unis contre une immigration jetable.
Samedi, à cet endroit, Josiane Nardi s'est immolée par le feu. Son compagnon, Henrik Orujyan, Arménien, allait être expulsé dès sa sortie de prison. Il purgeait des peines pour violence avec arme et violence sur sa concubine, notamment. Il était aussi sous le coup d'interdictions du territoire prononcées par le tribunal de Bobigny.
« La politique du chiffre »
Qu'est-ce qui a pu conduire à un tel drame ? Voilà ce que veulent savoir les manifestants. Parmi toutes les questions qui se posent, certaines ont trouvé réponse, d'autres restent en suspens (lire par ailleurs). « On veut nous faire croire que ce n'est pas lié à la question des sans papiers, ni à la double peine. Mais c'est la politique du chiffre qui conduit à ça ! »
Silencieusement, des dizaines de personnes déposent des fleurs devant la porte. Le cortège se dirige vers la préfecture. Lentement. En forçant le tramway à rouler à allure réduite.
Sur la place Aristide-Briand, Bernard Lebrun, porte-parole du collectif, interroge. Pourquoi personne n'est sorti de la prison ? Pourquoi, et par qui, la décision d'expulsion d'Henrik Orujyan a-t-elle été prise ?
Il cite un article de journal évoquant leur histoire, en 2005. À l'époque, ils disent se connaître depuis quatre ans. Et Josiane raconte les traumatismes vécus par Henrik lors de tentatives d'expulsion. Il en est revenu « couvert de bleus ».
Au final Bernard Lebrun dénonce. « C'est l'ensemble des politiques actuelles d'accueil des étrangers et de l'immigration, des structures et fonctionnement administratifs ou judiciaires qui doivent être remises à plat. »
Josiane Nardi sera enterrée, cette semaine, au Mans. Que deviendra, ensuite, Henrik Orujyan ? « Nous ne saurions accepter que l'acharnement se termine par une expulsion en fin de semaine », peste Bernard Lebrun.
Matthieu MARIN.
Ouest-France
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