|
Edito. Le Mans FC, hold-up du siècle2 |
En confirmant vendredi soir la relégation administrative du Mans FC en CFA (4e division), la Fédération française de football a-t-elle pour autant sifflé la fin de la partie ?
Dans ce feuilleton ubuesque, c’est plus que jamais au club de prendre ses responsabilités. Du côté des élus du Mans, en tout cas, et quel que soit leur bord politique, on aura tout tenté pour essayer de sauver du naufrage un stade à 104 millions.
Car chacun a bien compris que ce sauvetage devait passer par celui d’un club tombé dans l’abîme du foot business.
Lors du conseil municipal de jeudi soir, ces mêmes élus si peu regardants sur la gestion du Mans FC durant des années se sont retrouvés, à six mois d’élections municipales qui s’annoncent saignantes, obligés de mobiliser l’argent public pour tenter de sauver ce qui peut l’être.
Hold-up du siècle, le mot est faible. Car de quoi s’agissait-il ? Ni plus ni moins de vous demander, à vous et moi, de mettre la main à la poche pour sauver une société privée qui s’est mise toute seule dans la panade.
Même si c’était sous condition que le club soit reclassé en National, il aura quand même fallu se pincer. Par ces temps de crise, combien d’entreprises, combien d’associations œuvrant pour le bien public aimeraient que les collectivités volent ainsi à leur secours lorsqu’elles traversent des fins de mois difficiles ?
On nous expliquera que tout cela, c’est pour la bonne cause. Que ces aides avaient d’abord pour but d’éviter des dépenses encore plus grandes si par malheur le club perdait son statut professionnel et le stade son public.
Mais quels résultats peut-on attendre, même en National, d’une équipe exsangue ?
Et qu’auraient dit les autres clubs, Rouen et Sedan, relégués en CFA du fait de leur situation financière pourtant sans commune mesure avec celle du Mans FC ?
On entend déjà ceux qui nous accuseront de tirer contre notre camp. Les responsables de cette pantalonnade sont pourtant connus. Ce sera à eux de rendre des comptes.
Par Jérôme Glaize