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Jugé pour avoir violé les enfants qu'il gardait... |
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C'est devant la cour d'assises de la Sarthe (ici le président Roucou et ses deux assesseurs) que s'est ouvert, hier, le procès de Seghir Ameriou.
Devant la cour d'assises de la Sarthe, Séghir Ameriou, 43 ans, accusé d'avoir abusé de douze enfants,a évoqué des moments clefs de sa vie qui ont souvent eu des sous-sols et des caves comme décors.
Une semaine de débat, huit experts, treize témoins. Le procès, devant la cour d'assises de la Sarthe, de Seghir Amériou, 43 ans, s'est ouvert, hier, au Mans. En 2005, il avait déjà été condamné à dix mois de prison avec sursis pour atteintes sexuelles sur deux mineurs.
Père de trois enfants, cet employé d'une société de nettoyage est aujourd'hui accusé d'avoir commis cinq viols et sept agressions sexuelles, entre 2005 et 2008, sur des petits garçons âgés de 4 à 10 ans. Ils habitaient le quartier de Ronceray. C'étaient les enfants de voisins, il leur servait souvent de « nounou ». Il a abusé d'eux, la plupart du temps, dans la cave de son immeuble.
Visage juvénile taillé en lame de couteau, nez aquilin et menton légèrement en galoche, l'accusé, qui porte des lunettes rectangulaires, est privé de l'usage de l'oeil droit depuis la naissance. Il sait à peine lire et pas écrire.
Fils d'un peintre en bâtiment décédé l'an dernier, Séghir Amériou a passé sa jeunesse dans le quartier populaire des Sablons, au Mans. Il a quatre soeurs et un frère jumeau. Interne entre l'âge de 6 et 12 ans d'un Institut médico-éducatif (IME), il regrette que son père ne se soit pas « plus intéressé à lui », dit-il d'une voix claire portée par un débit soutenu. Il ne décrit pas son père comme violent. Mais se rappelle « avoir été enfermé dans la cave de l'immeuble après avoir fait des bêtises ».
Elle lui confie à nouveauson fils
C'est dans le sous-sol de cette tour qu'il dit aussi « avoir été violé à plusieurs reprises par un cousin des voisins ». C'est dans une autre cave prêtée par un voisin qu'il va vivre, à 17 ans, pendant près d'un an. Son père l'a mis dehors parce qu'il avait commis ses premières « bêtises ». Des cambriolages qui l'envoient en prison, à 21 ans.
Puis, il fera partie du « gang des châteaux », spécialisé dans les objets d'arts. Retour derrière les barreaux pendant cinq ans. Il dit s'être fait violer en détention. Rien ne le prouve.
Décrit comme « calme et serviable », Seghir Ameriou n'est pas seul sur le banc des accusés. Sa seconde compagne, 38 ans, est poursuivie pour la mise en péril de son propre fils, agressé par le quadragénaire en 2005. Parfaitement au courant de la condamnation, elle n'avait pourtant pas hésité à le lui confier, à nouveau. L'homme est accusé aujourd'hui de l'avoir violé.
Igor BONNET.