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La clope ne connaît pas la crise...... |
La crise ? « Connaît pas ! » répond le patron de la plus grosse plateforme de distribution de tabacs. Sur la France, on fait même « 2 % de plus » en 2009. Des explications ? La crise justement. « Avec elle, les déplacements se réduisent. Il y a donc moins d'achats de cigarettes à l'étranger, dans les duty free... »
Gérard Deldycke, le patron depuis 9 ans, a aussi le sentiment que dans un contexte morose, voire anxiogène, les gens ont tendance à se tourner davantage vers la cigarette...
Et l'interdiction du tabac dans les bars, les restos, pas de conséquence non plus ? « Juste un petit creux », reconnaît-il du bout des lèvres. Rien à voir avec « la catastrophe » de 2003-2004 où le prix des cigarettes avait flambé de 25 %. Altadis avait alors dû « réorganiser sa distribution ».
La fin des « brunes »
Si les cigarettiers ne souffrent visiblement pas, il n'en est pas de même pour les petits buralistes : un millier d'entre eux ont fermé boutique ces deux dernières années en France. Soit près de 300 dans la zone distribuée par la plateforme du Mans. « Il s'agit surtout de petits bureaux de tabac, en milieu rural ».
« Pour nous, la saison démarre bien » se félicite Gérard Deldycke.La saison ? « Les vacances de Pâques lancent le début des migrations des Parisiens vers la côte. Des 65 tonnes quotidiennes, on passe à 72 tonnes ».
Une particularité dans l'Ouest ? « C'est ici que l'on consomme le plus de tabac à rouler. Une particularité des régions à faible pouvoir d'achat. À Paris, Lyon et Marseille, cette part est infime ».
Les fumeurs de brunes ont intérêt à faire des réserves, car « d'ici 10 ans, les brunes, c'est fini ». Aujourd'hui, elles ne pèsent plus que 20 % de la consommation.