Le MSB tire les enseignements de ses déceptions
Si les départs de Nicevic et Gregory sont acquis, le MSB n'a pas fait une croix sur Eric Campbell. Le club manceau lui a proposé une augmentation de salaire de 60 à 70 %. Une offre à laquelle l'intérieur américain réfléchit. : Blandine Lempérière
MSB. Jean-Pierre Goisbault et Vincent Collet ont dessiné hier les contours de l'équipe de la saison prochaine.
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À l'heure du bilan, Jean-Pierre Goisbault, le président du MSB, ne cherche pas à nier l'évidence. « La saison a été décevante. Aucun objectif n'a été rempli. La seule satisfaction reste notre parcours en Euroligue, où nous avons prouvé que nous avions le niveau. » Mais si Le Mans a montré un visage conquérant sur la scène continentale, il n'a jamais pu l'afficher qu'épisodiquement en championnat de France. « On s'est beaucoup focalisés sur l'Euroligue, poursuit le président du club sarthois. Dans toute notre approche de cette saison, on ne parlait que de l'Euroligue, et on a transmis ça aux joueurs, au détriment du championnat de France. C'est humain. »Et le staff manceau de citer d'autres éléments qui ont plombé la saison du MSB. « Pour moi, le problème de cohésion que nous avons eu pendant la saison en est la raison majeure, analyse Vincent Collet. Ce n'est pas loin d'être l'élément le plus important. Ce qui m'a marqué les années précédentes est que les équipes étaient toujours soudées. Cette année, humainement c'étaient des mecs bien, mais pas ce qu'on pouvait attendre pour ce qui était d'aller les uns vers les autres. J'ai toujours été attentif à la hiérarchie et la définition des rôles dans une équipe, et de ce point de vue, ça ne s'est pas passé comme je l'imaginais. » Des carences en terme de leadership, mais aussi en terme de stabilité au poste 1. « Yannick est rentré carbonisé des championnats du monde et il lui a fallu du temps pour retrouver son niveau, » estime le président du MSB. « L'échec de Wheeler a été patent, complète l'entraîneur manceau. Et a plutôt aggravé la situation, car cela a enlevé de l'importance à Yannick et retardé son éclosion. »Amagou sur le départ ?Un déficit derrière l'arc que le MSB a déjà commencé à palier avec la signature d'Antoine Diot. Ce qui porte à huit le nombre de pros alors que le staff manceau compte sur « 10 ou 11 joueurs » la saison prochaine. Étant donné que Vincent Collet souhaite l'arrivée d'un 2-1 qui soit « une véritable menace à trois points, un mec qui tienne la balle et capable de prendre ses responsabilités », il risque d'y avoir de l'embouteillage à 6,25 m. Ce qui pourrait pousser Philippe Amagou à quitter le MSB. « Philippe est sous contrat, mais s'il reste, son temps de jeu va diminuer. Maintenant, la question, pour lui, sera de l'accepter, explique Jean-Pierre Goisbault. J'ai toujours dit que je n'entraverai jamais la carrière d'un joueur. » En clair, le club ne s'opposerait pas à son départ, pas plus qu'à celui de Frédéric Adjiwanou. Pour le reste, le MSB pourra compter sur Leloup, Bogavac, Diot, Bokolo, Batum (« De lui, nous attendons qu'il explose ») et Koffi (« Cet été, il va se reposer. Il a traîné une pubalgie toute la saison, et on va retrouver le grand Koffi l'an prochain »).Nicevic et Gregory partants, Campbell réfléchitEt pour compléter l'effectif, le MSB devra remplacer, numériquement, Nicevic et Gregory, partants. Avec un pivot et un 4-3 pour épauler Batum. Citant l'exemple de Jure Ruzic, Vincent Collet souhaite, dans une équipe qui manquait de shooteur, un joueur capable de s'écarter afin de « retrouver une menace à trois points plus conséquente. » Mais le gros dossier reste bien évidemment celui de Campbell. Si le MSB a renoncé à l'idée de conserver Nicevic et Gregory, le club sarthois n'a pas fait une croix sur son intérieur américain. « Nous avons fait une proposition à Eric, qui est en période de réflexion, annonce Jean-Pierre Goisbault. Nous avons toujours dit que nous ferions un effort, et nous l'avons fait, en lui proposant une augmentation de salaire de 60-70 % par rapport à cette année. Mais nous n'irons pas au-delà d'une certaine somme. » Une offre d'un fort beau gabarit qui conditionnera l'évolution des autres postes de recrutement.Alain MOIRE et Antoine BUSNEL.
Ouest-France