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Le Mans-Arnage : qui peut contrer André Langevin ?... |
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Le port d'Arnage sous les eaux en novembre dernier. Dans ce canton bordé par la Sarthe et l'Huisne, la lutte contre les inondations est une des préoccupations majeures. Cela tombe bien : le conseil général en est l'un des acteurs majeurs.
Pléthore de candidatures à gauche. Mais le maire socialiste d'Arnage part largement favori pour décrocher un 3e mandat dans le canton du Mans Sud Ouest.
Un candidat progressiste (Claude Picault), une communiste (Pascale Soulard), un Vert (Samuel Gonthier) en attendant un éventuel candidat de Lutte ouvrière. La coupe est pleine, à gauche, dans le canton Le Mans Sud Ouest qui marie Arnage avec des quartiers sud du Mans (Batignolles, Maroc, Pied-Sec...). Au point de mettre en difficulté André Langevin, le maire PS d'Arnage ? Rien n'est moins sûr. En 2001, face aux mêmes adversaires, le conseiller général sortant était arrivé largement en tête au premier tour. Au second, il avait décroché... 100 % des suffrages (!), après le désistement de Claude Picault.
À droite, on veut pourtant croire à « l'usure » d'André Langevin, 57 ans. Ne dit-on pas que le troisième mandat est toujours le plus dur à décrocher ? Pour bousculer le favori, la majorité départementale a choisi de parrainer Alain Ormain, un novice en politique qui n'est pas encarté à l'UMP. Le volubile jeune retraité de 60 ans, ancien commercial dans l'industrie pharmaceutique, a le contact facile. Conscient que le rapport de force droite/gauche joue contre lui, Alain Ormain entend « dépolitiser le scrutin ». Il s'affiche en « super-assistant social », « à l'écoute des gens du canton ». Le candidat de droite multiplie les promesses de campagne, comme cette « maison de d'accueil et de vie intergénérationnelle pour réunir jeunes et personnes âgées. »
Cela risque d'être un peu court dans un canton où quelque 15 000 habitants espèrent voir régler des problèmes anciens, comme les inondations. À quand une retenue sur la Sarthe en amont du Mans ? C'est le cheval de bataille d'André Langevin : « Que le conseil général s'intéresse autant à la communauté urbaine du Mans qu'aux campagnes. »
Finalement, la surprise pourrait venir de Claude Picault, autoproclamé candidat d'une gauche plus respectueuse des citoyens, allusion au référendum sur la constitution européenne de 2005 bafoué en 2008. Le vice-président de Le Mans Métropole, s'il arrive second, se désistera-t-il encore une fois en faveur d'André Langevin ? Réponse : « La priorité est de battre la droite. »
Patrick ANGEVIN.