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Le Mans FC : et si le club survivait en National ?1 |
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Le Mans FC va-t-il disparaître de la carte du football professionnel ? Même en cas de relégation en National, le maire du Mans veut entretenir une lueur d'espoir. © Archives Blandine Lempérière
Conseil municipal. Seul un miracle, vendredi, peut empêcher le club d'être relégué en National et de perdre son statut pro. À moins que... Le maire du Mans et les candidats repreneurs travaillent à un nouveau plan B.
Les élus du Mans vont être invités, ce jeudi soir, à voter une subvention exceptionnelle de 100 000 € au Mans FC. Elle s'ajoute aux 100 000 € déjà versés pour l'achat de places au MMArena. Avec les rallonges des candidats repreneurs, elles permettent au Mans FC, qui n'a plus un sou depuis février, d'organiser les derniers matches et de finir la saison.
Et peut-être de sauver sa place en Ligue 2 ? Pourtant, à moins d'un miracle vendredi soir, la relégation en National est désormais plus que probable. Du coup, le maire du Mans, qui s'était jusqu'ici astreint au silence, devrait dévoiler en conseil municipal, ce jeudi soir, les différents scénarios sur lesquels il travaille avec les candidats repreneurs. Une réunion a d'ailleurs eu lieu, hier soir, en mairie, pour affiner les différentes options à l'issue du dernier match de vendredi.
Un miracle vendredi ?
Si le Mans bat Lens au MMArena, et si Laval s'incline à domicile devant Châteauroux, Le Mans FC garde sa place en Ligue 2. Même lesté par un déficit de plus de 15 millions d'euros, le club pourrait être sauvé. Les repreneurs, animés par l'homme d'affaires manceau Claude Hervé, ont réuni environ six millions. Le maire du Mans est persuadé que d'autres investisseurs se manifesteront en cas de maintien en Ligue 2.
Et surtout, Jean-Claude Boulard promet de soumettre au conseil municipal le vote d'une aide conséquente au club, pour boucler le dossier de reprise. En 2008, la fin de toute subvention aux clubs avait pourtant été présentée comme la contrepartie à la construction du grand stade...
Le maire a déjà rodé ses arguments. « Ce stade a été construit pour la Ligue 1 sur un modèle économique Ligue 1. En Ligue 2 et encore plus en National, les modèles économiques peuvent justifier une aide de la collectivité. » Et Jean-Claude Boulard de citer une ville comme Le Havre qui a construit un nouveau stade et qui subventionne le club à hauteur de 870 000 € par an.
La relégation et c'est fini...
En cas de relégation en National, les repreneurs ont clairement fait savoir que la reprise du club était impossible. Claude Hervé l'a redit publiquement en début de semaine : « Trop risqué d'investir des millions en 3e division. » Le dépôt de bilan serait alors inévitable. Avec pour conséquence la fin du football professionnel au Mans.
Car l'article 103 du règlement de la Ligue nationale de football (LFP) prévoit que « le club qui fait l'objet d'une procédure de redressement judiciaire est, au terme de la saison, rétrogradé dans la division immédiatement inférieure à celle pour laquelle il aurait été sportivement qualifié la saison suivante ». Relégué sportivement en National, Le Mans FC serait en outre relégué administrativement en championnat amateur (CFA).
... ou pas fini !
C'est le nouveau rebondissement de l'épuisant feuilleton du Mans FC. En bon juriste et conseiller d'État qu'il est, Jean-Claude Boulard s'est penché sur le fameux article 103 de la LFP. Le maire du Mans estime qu'il n'est peut-être pas conforme à la jurisprudence du Conseil d'État sur les règlements sportifs. Une jurisprudence qui prévoit, selon lui, que « toute sanction doit être proportionnée aux dommages causés ».
« Dans le cas d'un club, qui dépose le bilan en milieu de saison et qui fausse la compétition, on peut comprendre une telle sanction, argumente le maire. Si Le Mans avait déposé son bilan, Caen accéderait à la Ligue 1 et non pas Nantes. En allant au bout de la saison malgré ses difficultés, Le Mans FC a rempli ses engagements. On peut donc imaginer que le dépôt de bilan ne soit pas sanctionné. »
L'intérêt ? Pouvoir apurer une partie de la dette et permettre aux candidats repreneurs de prendre les rênes du club sans avoir à assumer l'intégralité du passif laissé par l'équipe Legarda. C'est une pratique courante du droit commercial. Cela permet aux entreprises en difficulté de sauver ce qui peut l'être, notamment l'emploi, en obligeant les créanciers à renoncer à une partie de leur dette, sous l'autorité d'un administrateur judiciaire.
Reste à convaincre la Ligue de football pro que cette interprétation du règlement 103 tient la route. Et là, ce n'est pas gagné. Dans le passé, les clubs de Strasbourg et de Grenoble ont fait les frais de l'article 103, et jouent depuis en championnat amateur. Pourquoi Le Mans y échapperait-il ?
Je préfère payer des impôts plutôt que d'être représenté par ces gens là.