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Le Mans FC repousse l'offre de Michel Moulin1 |
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Michel Moulin se dit abasourdi par la réplique d'Henri Legarda à sa lettre d'intention de reprise du Mans FC © Photo: Archives Ouest-France
Adressée vendredi à Henri Legarda, le président du Mans FC, la lettre d'intention de Michel Moulin a reçu une fin de non-recevoir. Pour le moment...
Henri Legarda a-t-il encore le choix ? Et même seulement encore le temps d'attendre ? Il faut croire que oui puisqu'hier en début de soirée le président du Mans FC et les administrateurs du club « à l'unanimité » ont pris le parti de repousser l'offre de reprise concoctée par Michel Moulin que nous évoquions dans l'édition d'Ouest-France datée du samedi 9 février.
«Pas les garanties nécessaires»
« Des offres, de reprise et de recapitalisation du club, ont été analysées. Les administrateurs ont notamment considéré à l'unanimité que l'offre de Michel Moulin ne présentait pas en l'état les garanties nécessaires pour assurer la pérennité du Mans FC. Par conséquent, ils ont décidé de poursuivre l'ensemble des discussions en cours et à venir, afin de pouvoir déboucher sur une solution durable pour l'avenir. »
Il faut comprendre qu'Henri Legarda et ses partenaires trouvent qu'en l'état, la proposition adressée par Michel Moulin n'est pas suffisante. Drôle de scénario alors que le club manceau est à l'agonie. Le Mans FC est au bord de la cessation de paiement et si le communiqué emploie le pluriel pour parler des offres, elles se résumeraient à une seule !
Etranges factures
Selon nos informations, le club, qui a déjà payé certains salaires de janvier avec retard, ne serait plus en mesure d'honorer ceux du mois de février. Or, ne plus payer les joueurs, c'est se condamner quasiment d'office à une exclusion du championnat. Et ce ne sont pas les étranges factures, reçues récemment par des partenaires du club, qui vont arranger les choses.
Moulin injectait 2,5 millions d'euros dans un premier temps
Dans ces conditions, le chèque de Michel Moulin, qui s'élève à 2,5 millions d'euros, permettrait seulement de régler les salaires jusqu'à la fin de la saison en cours, soit 500000€ mensuels pendant cinq mois. Ce premier chèque serait un moyen d'achever la saison en cours dans des conditions normales. Une bouée de sauvetage pouvant permettre aux joueurs de ne penser qu'au terrain, où là aussi tout reste à faire pour se maintenir en Ligue 2.
Deux millions d'euros pour la vente de la Pincenardière + 2,5 millions d'euros de Michel Moulin... Dans ce type de scénario aujourd'hui battu en brèche par Henri Legarda et les actionnaires, Le Mans FC était en droit alors de se présenter le 28 février devant la DNCG, le gendarme financier du foot français, avec des arguments pour pérenniser l'aventure.
« Toutes les garanties étaient là »
Le président du Mans FC a pris l'option de jouer une partie de bluff. À ses risques et périls. Au grand désarroi de Michel Moulin, qui hier soir, peinait à comprendre la position d'Henri Legarda.
Par la voix de son avocat, Didier Domat, il a tenu à repréciser certains éléments. « Une lettre d'intention a été envoyée à Henri Legarda, actionnaire majoritaire du Mans FC. Nous nous étions assurés qu'elle contenait toutes les garanties et conditions nécessaires. Elle était même très favorable pour certains. L'offre de Michel Moulin était structurée avec conditions d'acquisitions, conditions suspensives (audit)... Elle proposait même aux actionnaires minoritaires de demeurer dans le club, sans être lésés par rapport à leurs investissements. Il y avait aussi une reprise du compte-courant de l'actionnaire majoritaire. Cette proposition était très équilibrée. Nous n'étions pas attaquables sur les montants (N.D.L.R. : Michel Moulin avait envisagé d'injecter 5,5 millions d'euros avec ses partenaires). »
À suivre.
Stéphane BOIS et Patrick ANGEVIN.
1) elle est conditionnée par son départ en tant que président (il a du mal à l'accepter)
2) elle ne représente pas pour lui le moyen de "bien" vendre sa participation dans le club
Or comme Mr Legarda privilégie ses interets avant ceux du club, il est inconcevable qu'il donne son accord.