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Le Mans. Drame de Changé : "Faire toute la lumière"3 |
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La directrice de la maison de retraite Artémis, Martine Terrien, a exprimé sa volonté de connaître toute la vérité sur cette dramatique affaire. © Photo "Le Maine Libre"
Marine Terrien, la directrice de la maison de retraite, a accepté de s'exprimer après le décès de Paulette Savouret, 86 ans.
"Le Maine Libre" : Avez-vous des éléments sur la façon dont s’est déroulée la matinée du 11 juillet dernier ?
Martine Terrien : la personne qui s’est occupée de Madame Savouret a décidé de lui donner un bain. Elle a pensé que ce serait préférable à une douche, que ce serait positif pour elle. Cette salariée de l’établissement est référente bientraitance, et elle a estimé que le bain permettrait de la détendre. Pour ce qui est des circonstances exactes, une enquête de gendarmerie est en cours, et de notre côté, nous menons une enquête interne.
Peut-on envisager un manque de surveillance de la part du personnel ?
Aucune hypothèse ne peut être privilégiée pour l’instant. Néanmoins, ce matin-là, nos effectifs étaient au complet, et c’est d’ailleurs parce que nous avions le temps qu’il a été décidé de donner un bain à madame Savouret. Rien ne peut expliquer un manque de surveillance.
Où ce bain a-t-il été pris ?
Madame Savouret a été transférée dans une salle de bain, équipée d’une baignoire adaptée.
Christian Thibout (directeur régional du groupe Korian, qui gère l’établissement changéen) : Madame Savouret était une personne très dépendante. Dans son cas, on doit utiliser un lève-personne pour permettre l’accès à la baignoire.
La ou les personnes qui l’accompagnaient ont-elles vérifié la température de l’eau ?
Nous n’en savons rien pour l’instant. Le bain semble effectivement avoir été trop chaud. Je peux juste vous dire que cette baignoire est équipée d’un mitigeur qui avait été changé il y a quelques années. Il faut également savoir que dans les maisons de retraite, l’eau est particulièrement chaude. C’est une mesure qui nous est imposée pour lutter contre la légionellose. Alors pour réguler la température, nous utilisons ces mitigeurs.
Pour donner un bain à un résident, suivez-vous un protocole particulier ?
Non. Nous n’avions pas de protocole jusqu’au 11 juillet dernier. Mais de toute évidence, c’était un manque. Nous avons donc décidé d’y travailler, en équipe.
L’une de vos salariées a été suspendue à titre conservatoire. S’agit-il de quelqu’un d’expérimenté ?
Oui. Elle a de nombreuses années de maison, elle est parfaitement formée. Elle est référente, avec une autre employée, en tout ce qui concerne la bientraitance. Elle a une pratique des bains très ancienne. J’ajoute que tout notre personnel suit de façon continue des formations.
Comment allez-vous gérer les jours à venir ?
Ici, tout le monde est choqué, en souffrance. Mais nous sommes décidés à faire la lumière, à savoir tout ce qui s’est passé durant cette matinée, pour que ce genre de drame ne se reproduise pas. En attendant, nous avons pris des mesures conservatoires : nous avons notamment suspendu les bains.
Christian Thibout : Je dois dire également que nous sommes rassurés qu’une autopsie soit prévue. Nous avons besoin de toute la vérité. Pour nous, mais surtout pour cette famille en grande peine.