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Le département « face à une digue qui rompt... »... |
La situation économique oblige le département à des orientations strictes pour 2009.En préservant les aides essentielles aux personnes et aux communes.
Comment, dans les conditions économiques actuelles, se livrer à des prévisions pour l'an prochain ? « Avec la plus grande prudence », reconnaît Roland du Luart. En ouvrant la séance consacrée au DOB (débat d'orientations budgétaires), le président du conseil général n'a pas caché son inquiétude. « Nous entrons en résistance économique, 2009 s'annonce éprouvante... »
Directement confrontée à la crise avec l'automobile qui représente plus de 15 000 emplois, la Sarthe va devoir regarder de près ses comptes. Et faire des efforts. Un audit général des politiques de fonctionnement va être lancé afin d'aider aux décisions.
Pas question pourtant de remettre en question les soutiens, quels qu'ils soient. Même si « nous devons nous repositionner sur nos missions, nos compétences, nos responsabilités ». Les orientations budgétaires concerneront des interventions « simples, solidaires, incitatives ». En continuant d'aider les projets des communes et communautés de communes avec un taux de base de 20 %, passant à 25 % pour les communes de moins de mille habitants. Cependant, les communes refusant toute intercommunalité seront exclues de cette solidarité départementale.
Aide sociale à tous les niveaux, collèges, transports, autant de postes lourds à ne pas pénaliser, malgré des coûts qui augmentent d'année en année. La mise en place du RSA (revenu de solidarité active) concernera 26 000 Sarthois (contre 7 000 Rmistes actuels).
Roland du Luart veut croire que Martin Hirsch a dit vrai lundi en affirmant au Mans que son financement n'ira « pas piocher dans le budget des départements ». Il vaudrait mieux, dans un contexte où « la progression des dépenses de fonctionnement est attendue à quatre fois l'évolution des recettes ! »
Moins 13Â millions de droitsde mutation
De grandes incertitudes empêchent d'y voir très clair en attendant le vote du budget cet hiver. Difficile d'avoir le moral. Surtout quand la crise immobilière menace de priver le département de près de 13 millions d'euros de droits de mutation. « Ces droits représentent 10 % de notre budget de fonctionnement. » Pour mémoire, en 2007, ils atteignaient 44 millions d'euros...
Difficile aussi de s'en sortir sans augmenter les impôts. Dans l'incertitude actuelle, les besoins amènent « à envisager une hausse raisonnable de la fiscalité. Son niveau sera précisé au plus juste en fonction des perspectives de recettes, notamment liées au marché immobilier et aux dotations d'État ».
Christine CORRE.
(A suivre.)