Pour le célibataire, le parcours du combattant
Attention ! On ne rentre pas dans une agence matrimoniale comme dans un moulin. La preuve. Coup d'oeil dans les Pages jaunes, via le net. Mots clés « agence matrimoniale au Mans ». Je me rends à Uni Centre, la première sur la liste.
J'arrive devant le 9, rue Marchande, l'adresse indiquée par les Pages jaunes. Première déconvenue. Une plaque murale m'invite à me rendre désormais au 12, rue Gougeard. « Nous avons acheté leurs bureaux il y a plusieurs mois », m'annonce une avocate qui sort de l'immeuble.
Je prends la deuxième ligne des Pages jaunes : Agence club Unicis au 38, avenue François-Mitterrand. Premier étage. L'ascenseur arrive. Une sexagénaire entre. Elle appuie sur le n° 1. J'ose lui demander : « Vous aussi, vous venez chercher votre âme soeur ? » A priori non. « Je vais chez le notaire, au même étage », me répond-elle. Me laissant seul devant la porte de l'agence matrimoniale. Sur la porte est écrit « Sonner et entrer ». Je pose mon doigt sur la sonnette. Pas de réponse. La porte est fermée à clé. Dommage, j'avais espoir en lisant le slogan de l'agence : « Nous aidons simplement le hasard. »
Décidément, c'est mal parti pour plaquer ma bouillotte, cet hiver. Je prends la troisième ligne des Pages jaunes : Elitys-Elite club. Adresse, 7, avenue François-Mitterrand. Sur la plaque, la mention sur « Rendez-vous » est trois fois plus grosse que le nom de l'agence. Ça décourage ! Grand moment de solitude. Planté sur le trottoir, je commence à aimer les sites de rencontres sur internet. A les trouver, paradoxalement, plus conviviaux. Mais ne restons pas sur un échec. Prenons la ligne suivante des Pages jaunes. À qui le tour ? Uni centre, 12, rue Gougeard. Nous voilà à la bonne adresse. Le nom « Unicentre » est écrit à la main, sur l'interphone. Je sonne. Personne. Deuxième coup de sonnette. Toujours personne. Il est pourtant écrit « centre conseil relationnel ».
Dois-je en conclure que le contact humain n'est pas au rendez-vous ? Du moins, pour les célibataires, peu à l'aise avec le téléphone. Et qui préfèrent avoir une personne en face d'eux pour aborder leur problème de solitude.
T. S.
Ouest-France