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Prêt à être expulsé, il tente de se suicider... |
Ce père de famille camerounais, domicilié au Mans, est hospitalisé à Rennes. Ses jours ne sont pas en danger.
Sa mère et son épouse se sont rendues hier matin au CHU de Rennes. « Elles n'ont pu le voir que derrière une vitre, indique Bernard Lebrun, porte-parole de Réseau éducation sans frontières (RESF). Ses jours ne sont pas en danger. »
Sous le coup d'une expulsion du territoire français, John-PatrickKamto, 33 ans, domicilié au Mans avec son épouse camerounaise et ses trois enfants, a tenté de se suicider hier matin, au centre de rétention de Rennes où il avait été conduit il y a quinze jours. Il a essayé de se tailler les veines avec un morceau d'emballage métallique. L'homme ne veut pas retourner dans son pays et c'est l'ultime moyen qu'il a trouvé pour se faire enfin entendre.
Depuis son retour en France en 2002, il n'avait pas réussi à obtenir de titre de séjour. Son dernier refus, c'est la préfecture de la Sarthe qui le lui avait notifié, opposant « un risque de troubles à l'ordre public ». Une décision confirmée par le tribunal administratif et sa cour d'appel. John-Patrick Kamto a plusieurs condamnations à son casier judiciaire, pour « usage de faux papiers », selon RESF.
John-Patrick Kamto avait été emmené à l'aéroport de Roissy, mardi soir, pour rejoindre Yaoundé, la capitale du Cameroun. Mais il avait refusé d'embarquer dans l'avion. Sa tentative de suicide a eu lieu quelques heures avant que les policiers ne le remettent dans un avion, jeudi midi.
Interrogé sur ces faits nouveaux lors de sa visite dans une exploitation agricole, le préfet de la Sarthe, Emmanuel Berthier, ne tergiverse pas. « Ces derniers éléments ne peuvent pas conduire à la décision d'annuler la procédure. » C'est pourtant ce que lui réclame RESF, dans un courrier envoyé hier soir.
John-Patrick Kamto devait sortir de l'hôpital hier soir ou ce matin. Si son état de santé le permet, il devrait retourner au centre de rétention de Rennes.