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Un tram sur roues entre la gare et Allonnes fin 2014
Le Mans Métropole a détaillé, hier soir, le projet de bus à haut niveau de service. Une sorte de tramway sur roues.
Après la concertation obligatoire, qui vient de s'achever sur le projet de deuxième ligne de tramway entre préfecture et Bellevue, place à la concertation sur le projet de bus à haut niveau de service (BHNS) entre la gare nord et Allonnes. Les deux chantiers sont d'ailleurs liés et la mise en service des deux lignes programmée pour le deuxième semestre 2014. Hier soir, à la salle Jean-Carmet d'Allonnes, environ 150 personnes ont assisté à la présentation du projet de BHNS.
Un bus à haut niveau de service, c'est quoi ?
« Cela ressemble à un bus articulé, mais c'est en fait plus proche d'une rame de tramway », explique Jean-Louis Prigent, élu du Mans Métropole en charge des transports. Ces bus géants circulent sur des voies réservées et bénéficient, comme le tram, d'une priorité aux carrefours ou aux ronds-points, grâce à des feux prioritaires. Ils disposent d'un guidage électronique pour se garer le long de quais surélevés, qui ressemblent à ceux d'une station de tram. Résultat : davantage de passagers transportés que dans un bus ordinaire, à une vitesse et avec une fréquence plus élevées.
Quels gains entre la gare nord et Allonnes ?
Le projet prévoit une fréquence de passage de 9 minutes, contre 12 à 13 minutes aujourd'hui. Surtout, le gain de temps sur le trajet devrait être de dix minutes. Et même beaucoup plus aux heures de pointe, pendant lesquelles les bus sont aujourd'hui englués dans les bouchons.
Pourquoi entre la gare et Allonnes et pas ailleurs ?
Pour identifier les besoins, deux critères ont été « mariés » : la fréquentation des lignes Setram et les retards dus au problème de circulation. Derrière le tramway, qui absorbe près de 50 % des voyages, on trouve la ligne de bus 3 (Oasis-Bellevue). Puis la ligne 16 (Allonnes-Coulaines). Et ces deux lignes de bus sont les plus confrontées à des bouchons aux heures de pointe : patte-d'Oie d'Allonnes, rond-point Demorieux-rocade... D'où l'idée de prolonger le tramway jusqu'à Bellevue, et d'une ligne de bus à haut niveau de service entre la gare et les Hautes-Métairies d'Allonnes.
Pourquoi pas une ligne de tramway ?
Trop chère et pas forcément adaptée. Un kilomètre de tram, c'est grosso modo 20 millions d'euros (78 millions d'euros pour le futur tronçon préfecture-Bellevue). Équiper les 6,8 km entre la gare SNCF et les Hautes-Métairies aurait coûté... 140 millions d'euros ! Alors que, en optant pour le BHNS, Le Mans Métropole s'en tire avec une facture raisonnable : 28,2 millions d'euros. Le choix du BHNS est d'autant plus justifié que « 4 kilomètres de la ligne traverse des zones qui ne seront jamais urbanisées, parce qu'elles sont inondables ou font partie de la zone industrielle sud », précise Bruno Melocco, directeur du développement urbain.
Combien de stations ?
Le projet prévoit 15 stations, au lieu de 17 actuellement. Comme pour le tramway, l'objectif est de limiter le nombre d'arrêts pour ne pas transformer le BHNS en tortillard.
Et les Allonnais qui n'habitent pas sur la ligne ?
Ils ne sont pas oubliés. À côté du BHNS qui traversera la commune sur un axe nord-sud, la Setram mettra en place une ligne de rabattement qui serpentera entre les différents quartiers de la ville. « Les boucles de Chaoué et des Perrières continueront d'exister. La Setram envisage aussi de desservir la zone du Monné et du Vivier et jusqu'au Petit-Saint-Georges », rassurent Jean-François Soulard, l'élu qui préside la Setram et le maire d'Allonnes, Gilles Leproust. Deux avantages : le maintien d'une desserte intra-communale et un accès pour un maximum d'Allonnais à la ligne rapide vers Le Mans.
Les bus seront-ils en site propre sur tout le trajet ?
Les bus circuleront sur une voie réservée partout où c'est techniquement possible et utile, c'est-à-dire sur une grande majorité du parcours, entre la gare et l'entrée d'Allonnes. À l'intérieur de la ville, le bus s'insérera dans la circulation, qui ne pose généralement pas de problème.
La plupart du temps, les bus rouleront sur la partie centrale de la chaussée, les voitures roulant sur les extérieurs. Comme pour le tramway, sur les avenues Jaurès, Durand ou Rubillard. Dans quelques endroits, le bus devra partager la chaussée avec les voitures, notamment dans les goulets d'étranglements que sont le passage sous la ligne de chemin de fer, en zone sud ou le pont-arc-en-ciel. Mais élargir ces deux ouvrages aurait fait exploser la facture.
Vive les giratoires, adieu les feux tricolores !
Ce sera la grande nouveauté pour les automobilistes. Les feux tricolores du carrefour des Sables-d'Or, de la rue des Frères-Renault, mais aussi de la rue Pierre-Martin, près de la concession Volskwagen, vont disparaître. « La circulation, c'est comme l'eau. Si on met des feux, on bloque l'écoulement. Alors que des giratoires laissent passer le flux, doucement mais régulièrement », explique Bruno Melocco. Sur ces giratoires, les seuls feux seront ceux qui laisseront la priorité au BHNS.
La patte-d'oie d'Allonnes entièrement revue
Autre changement de taille : l'immense rond-point actuel va disparaître au profit d'un autre, huit fois plus petit. Les voitures y arriveront beaucoup moins vite, ce qui renforcera la sécurité et la fluidité. Le BHNS passera en plein milieu, avec un système de feux comme à Pontlieue.