Une vingtaine de corps découverts aux Jacobins
L'un des deux charniers actuellement fouillés par les archéologues. Ici, la petite dizaine de corps est bien empilée, contrairement au deuxième charnier. Des études plus approfondies devraient permettre d'en savoir plus, notamment sur les causes de la mort : maladie, combat, exécution ?
Trois charniers de soldats vendéens ont été mis au jour par les archéologues, en fin de semaine.Que signifie cette découverte ? Explications.
Qu'est ce qui a été découvert sous les Jacobins ?
Une vingtaine de corps, jeudi et vendredi. Les archéologues ont trouvé trois charniers, datant de l'époque des guerres de Vendée. Ils ont décidé d'en fouiller deux, bien différents. « Dans le premier, les corps sont bien rangés côte à côte, indique Pierre Chevet, responsable de l'opération à l'Inrap (institut national de recherches archéologiques préventives). Dans le second, ils sont entassés pêle-mêle. »
Il y a aussi des traces de vêtements : morceaux de textile et boutons de culotte ou de chemises.
Cette découverte est-elle exceptionnelle ?
Pas anodine, en tout cas. Certes, on sait que des milliers de personnes sont mortes à cet endroit, pendant les guerres de Vendée (lire ci-dessous). Mais Jean-Clément Martin, l'un des historiens spécialistes de la question, se dit « impressionné » par cette découverte. « En fait, très peu de véritables fouilles scientifiques ont été effectuées sur cette période », indique-t-il.
Comment cela pourrait-il faire avancer l'Histoire ?
Plusieurs questions se posent. Qui sont les gens morts à cet endroit ? Républicains, Vendéens ? De quoi sont-ils décédés ? Maladies ? Combats ? Exécutions ?
Cette période est surtout connue par les textes. Mais il reste encore de nombreuses zones d'ombres. Et les recherches sont, parfois, restées au second plan derrière les questions idéologiques.
Pourquoi y a-t-il des fouilles sous les Jacobins ?
La Ville veut construire un espace culturel : multiplexe cinéma, salle de théâtre, grand parking souterrain. Il a donc été décidé de réaliser des sondages archéologiques. L'idée est de creuser à plusieurs endroits pour savoir si de véritables fouilles sont nécessaires. Le diagnostic se poursuit jusqu'au 7 mars. La décision sera prise après.
Y a-t-il eu déjà d'autres découvertes ?
Oui, concernant la période gallo-romaine. La plus intéressante, selon les archéologues. Vaisselle, mobilier, habitat, sidérurgie... « On a retrouvé des traces d'activité artisanale le long d'un ancien ruisseau », raconte Pierre Chevet. Cela prouve que le site était occupé entre le Ier et le IIIe siècle après Jésus-Christ. En revanche, aucune trace des Gaulois.
Que va-t-il se passer à présent ?
Pendant une semaine, environ, les sept archéologues vont continuer à dégager les corps. Ensuite, ils seront analysés plus en détail. D'autres tranches doivent également encore être explorées dans le cadre des sondages. Et après le rapport des archéologues, il sera décidé, ou non, d'engager des fouilles. Elles pourraient prendre un mois ou un peu plus, sans retarder les travaux. Jean-Clément Martin en appelle de ses voeux : « Il est important de réactiver les recherches sur la bataille du Mans. »
Matthieu MARIN.
Ouest-France
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