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Investissement. Le château de Belmar attend son vin haute couture

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photo grégory russel dans les vignes de chardonnay, où 9?000?pieds sont plantés par hectare. © ouest-france 1

Grégory Russel dans les vignes de chardonnay, où 9?000?pieds sont plantés par hectare. © OUEST-FRANCE

Grégory Russel croit fermement en la destinée du château de Belmar, dans le nord de la Sarthe. Il ambitionne de créer un vignoble d’exception sur les terres de Saint-Longis. Pour financer son projet, il a ouvert le capital et créé un groupement foncier viticole.

Les hauteurs de Saint-Longis, aux portes de Mamers, sont un amphithéâtre naturel baigné de soleil et caressé par un vent régulier. C’est ici que Grégory Russel a choisi de mener une expérience œnologique unique qui, si elle aboutit, ajoutera quelques lettres de noblesse au chardonnay.

Mamertin depuis vingt ans, l’homme est propriétaire depuis quelques années du manoir de Bellemare, une élégante demeure de style Napoléon III classée « patrimoine remarquable » avec près de deux hectares de parc et cinq de coteaux, exposés pour une grande partie sud-sud-ouest. Une prairie longtemps habitée par les vaches jusqu’à ces études de la Chambre d’agriculture de Tours, soulignant les nombreuses qualités vinifères du site.

Grégory Russel ne cache pas son enthousiasme :  « On peut établir de nombreuses comparaisons avec le Montrachet, l’un des plus grands vins blancs au monde. Ça match ! De juin à septembre, on a ici la même configuration climatique qu’en Bourgogne. » Le sol des parcelles de Saint-Longis ? Une couche argileuse peu épaisse avec, plus en profondeur, des calcaires marneux, tout comme à Montrachet. L’altitude : 180 mètres ici, 200 là-bas. L’ensoleillement ? Comparable, ainsi que la pluviométrie et même les températures.

« Une mine d’or »

Pas suffisant évidemment pour aller concurrencer Montrachet sur le terrain du sublime. Mais le viatique local apparaît solide pour créer un blanc qui tienne son rang. De quoi motiver Grégory Russel qui, par le passé, a créé des sociétés de vente de vin :  « Au départ, mon schéma était low cost, je prévoyais de faire du bag-in-box (cubi)  à 5 € le litre. J’avais programmé un vignoble mécanisé avec une résidence sénior sur une partie du parc. Mais quand on a étudié le terrain, on m’a dit que j’étais assis sur une mine d’or. »

Le dossier de la résidence sénior étant compliqué à faire aboutir, Grégory Russel regarde maintenant vers l’œnotourisme. Dans le manoir sont prévues des chambres d’hôtes, complétées dans quelques mois par des hébergements dans les chais du domaine, à Mamers. Dans la jolie rue de Cinq-ans, un ancien couvent est en effet en pleine transformation. Le site, au bord de la rivière Dive, ne manque pas de charme. Les clients, lors de séminaires ou mariages, côtoieront un chai à système gravitaire où grandiront les vins.

Avec des investisseurs

Grégory Russel ne semble pas vouloir mégoter dans les investissements. Il réunit des investisseurs, cinquante à ce jour, au sein d’un groupement foncier viticole, qui parient sur les perspectives de développement du vignoble, baptisé château Belmar.  « Le chardonnay est en pleine expansion mondiale et je n’ai aucun concurrent à 100 km à la ronde. Mes marchés, ce seront le local et l’écotourisme et ensuite le numérique. »

Dans les rangs de vigne, pas de course à la production et au volume. Grégory et ses conseils ont choisi les meilleurs porte-greffes et greffons, acceptant de baisser les hectolitres à l’hectare.  « Nous ne produirons pas plus de 4 200 bouteilles à l’hectare, comme à Romanée-Conti ou à Montrachet, alors qu’on aurait pu monter à 12 000. » Le vignoble, quatre hectares de chardonnay et un de pinot, donnera ses premiers raisins en septembre 2019. Le vin ne sera prêt qu’un an plus tard, avec un prix de vente estimé à 36 € la bouteille.

Avec ce sol plein de cailloux, on attend un vin plutôt vif et minéral. La récolte étant parcellaire, Grégory Russel pourra sans doute proposer diverses cuvées. Le terroir ne faisant pas tout, le travail du maître de chai sera capital. On compte sur lui pour le bouquet final.

 
Emmanuel CHARLOT.   Ouest-France  

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