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L'armée quitte définitivement le centre du Mans... |
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Au rythme de vingt véhicules de l'avant blindé, l'ETAMAT de la rue de l'Arsenal s'occupait surtout de maintenance industrielle. © 12e BSMAT
Le 15 juin prochain se déroulera la cérémonie de dissolution de la 15e compagnie du 2e Régiment du matériel. Rue de l'Arsenal, l'armée rendra les clefs d'un quartier de 7 hectares qui vit arriver les premiers militaires en 1872...
Une importante page d'histoire va se tourner dans un mois pour l'armée au Mans. 145 années de présence dans le centre -ville. Le 15e groupement multi-technique, plus connu sous le nom "d'ETAMAT" (établissement du matériel de l'armée de terre), baissera le rideau rue de l'Arsenal. Mais aussi dans la zone d'Arnage, face à l'aérodrome, où l'armée possédait 17 hectares..
De l'herbe folle entre les pavés. Des grilles rouillées et des murs d'où le crépi s'est détaché: rue de l'Arsenal, les 7 hectares du quartier militaire racontent la fin d'une époque. Les locaux se vident, les cartons s'empilent. Dans huit jours, il ne restera rien. Deux guerres mondiales sont passées par là . Une guerre froide aussi. Le monde a changé.
Pendant 145 ans!
C'est en 1872 qu'on résonné ici le bruit des sabots des chevaux tirant des trains d'artillerie. Après la claque de la défaite contre les prussiens, le maire du Mans de l'époque avait donné le feu vert à la création d'une école d'artillerie. Les militaires ont vécu au coeur du Mans pendant 145 ans!
Mais nous sommes au XXIe siècle. Finis les harnachements, les cuirs des cavaliers, les caissons d'artillerie. "Il était prévu de fermer le site depuis 20 ans", confie le colonel David Brion, Chef de corps de la 12e base de soutien du Matériel, dont dépend l'établissement du Mans. Ce Saint-Cyrien, diplômé de l'école de guerre, ne tourne pas autour du pot: "avec le nouveau programme scorpion de l’armée de Terre, l'arrivée de nouveaux blindés de type "Griffon", l'établissement du matériel, rue de l'Arsenal, n'est plus adapté".
 Ici, jusqu'au 30 décembre, ont été "régénéré" des véhicules de l'avant blindé (VAB), la "mule" de l'armée française, au combat depuis les années 70. "En plein centre-ville, déplacer des engins blindés posait des problèmes pour la sécurité". Quartier trop dégradé, infrastructures inadaptées: l'armée a tranché. Les militaires quittent le coeur de ville, tout comme la zone de stockage d'Arnage (dite "zone B") où ont été stockés jusqu'à un millier de véhicules. "Il n'y a pas longtemps encore ont été vendus 60 bus par les domaines". Finis les alignements de jeeps P4, de remorques, de VAB.
Moyenne d'âge: 55 ans
Le 15 juin prochain se déroulera donc la cérémonie de dissolution du 15e groupement multi-technique à Arnage. Entre retraite et reclassement à Angers, Champagné ou La Flèche, tous les personnels ont trouvé une solution. Moyenne d'âge des 30 personnes restantes: 55 ans. Certains ont travaillé sur des camions berliet et des jeep Hotchkiss. "Ils ont été au Mans jusqu'à 450 personnels".
A l'heure du concept d'armée 2025, le matériel, nerf de la guerre, a complètement changé de braquet. Le 2e RIMA de Champagné dépend du 2e RMAT de Bruz (Ile-et-Vilaine) et Angers (Maine-et-Loire).
Et après?
A deux pas de la nouvelle cité administrative Paixhans, l'ancien arsenal peut intéresser l'Etat, qui pourrait par exemple y aménager des parkings supplémentaires. Mais aussi la ville du mans, qui pourrait notamment élargir des ruelles voisines "enfermées" entre des murs étroits. On imagine aussi que 7 hectares en coeur de ville ne laisseront pas des promoteurs immobiliers insensibles aux charmes de l'armée. L'emprise du Mans, après désamiantage de bâtiments, sera confié au patrimoine des armées. Pour une nouvelle vie.
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