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Le Mans. L’île aux planches, la résistante fête ses dix ans... |
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À gauche, le parc de l’île aux planches aujourd’hui. À droite, l’île en friche, ancienne propriété d’EDF-GRDF. © OUEST-FSRANCE
Le parc manceau coule des jours heureux, en bord de Sarthe. Il y a vingt ans, un collectif s’était mobilisé pour s’opposer à la construction de logements sur l’île. Elle fête son 10e anniversaire ce soir.
L’histoire
Bien sûr ce n’est pas Belle Île. Ce n’est pas non plus la Corse. Mais l’île aux planches, lovée au beau milieu de la Sarthe, à deux pas du centre-ville, a des arguments à faire valoir. Son point commun avec les autres îles ? Celle d’avoir du se battre, contre vents et marées, face à aux promoteurs immobiliers qui rongent la terre.
Mobilisation dans les années 1990
Nous sommes au début des années 1990, un promoteur immobilier projette de construire deux barres d’immeubles sur l’île aux planches en lieu et place de la friche EDF-GRDF. Et comme si ça ne suffisait pas, cinq îlots doivent également prendre place côté usine à tabacs.
Le front s’organise autour de la création de l’association de sauvegarde de l’île aux Planches. Marcel Bréjou, président, diffuse une pétition qui recueille 600 signatures. S’ensuivent deux enquêtes publiques refusées, en 1995 puis en 1997. À grand renfort de mobilisations, le projet est annulé.
« Quand je pense qu’aujourd’hui, la mairie se félicite d’un projet qu’elle a combattu à l’époque » , sourit Jean-Marie Legui, président de l’association de défense de l’île aux planches.
C’est donc le 21 juin 2008, après un an de travaux que l’île aux planches renaît de ses cendres. Et fait place, à un parc de trois hectares, au fil de l’eau. Coût de l’opération : 6,5 millions d’euros.
L’île aux planches, une ancienne fermette
« Ici on se croirait à la campagne. » Jean-Claude Boulard, ancien maire socialiste, ne croyait pas si bien dire. Au XIXe, l’île aux planches offrait un véritable cadre rural. « Il y avait des vaches qui pâturaient. C’était une véritable petite fermette. »
C’est à son époque que le nom d’île aux planches prend tout son sens. « Pour rejoindre l’île, les fermiers traversaient la rive avec des planches. »
L’île aux planches en 2018
Blottie entre le pont d’Eichtal et le pont de Fer, l’île est une incitation à la flânerie. « On y passe sans forcément s’arrêter, reconnaît Jean-Marie Legui. J’appelle ça de la flânerie verte. »
Siestes électroniques, concerts, feu d’artifice du 14 juillet. Le parc, pour sa proximité avec le centre-ville, est de plus en prisé. Le dimanche, les transats sont pris d’assaut. Et le lundi, Elisabeth, 79 ans, a le parc pour elle toute seule. Elle passe par là, « juste parce que c’est plus sympa que la route. » Pour flâner, on vous dit.
L’île aux planches fête ses dix ans, jeudi 21 juin, à partir de 16 h. Scène électro DJ.