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Encore agrandi, le Silo a gagné son pari... |
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Jérémie Dassé et Julien Martineau, deux des trois permanents du Silo, qui compte aujourd'hui plus de 800 adhérents.
Lancé il y a six ans, il est devenu un lieu incontournable de répétitions et d'échanges pour les groupes musicaux sarthois. En projet, une « vraie » scène pour préparer des concerts.
Un joli pari...
Transformer un ancien hangar de 800 m2 en studios de répétition et en lieu d'échanges entre musiciens du département. Faire fonctionner le tout, sans dépendre de fonds publics, mais uniquement des recettes de location. Le pari est osé. Il est lancé en 2005 grâce au coup de pouce d'un mécène privé. Il rachète une ancienne fabrique de maquettes, face au terrain des gens du voyage, en zone industrielle sud, pour la louer à l'association le Silo.
... largement gagné !
On est passé de 400 adhérents en 2006 à 820 en 2012. Pas moins de 300 groupes, venus de tout le département et même au-delà, répètent plus ou moins régulièrement au Silo. « Il y avait un vrai besoin, souligne Julien Martineau, coordinateur au Silo. Les autres structures étaient saturées, et surtout pas vraiment adaptées en termes d'acoustique ou d'horaires. »
Au Silo, ce n'est pas un, mais dix studios de répétition, à l'acoustique impeccable. Ils sont ouverts sur des créneaux accessibles aux musiciens amateurs, qui constituent 95 % des adhérents. Soit tous les jours, de 10 h à 1 h (20 h le week-end). Et à un prix raisonnable : 5 € de l'heure. Il n'en fallait pas plus pour que cela cartonne.
Un lieu de rencontre
Dès le départ, l'ambition des fondateurs du Silo dépasse le cadre des studios de répétition. Ils veulent en faire un lieu d'accueil et d'échanges entre musiciens amateurs. Là encore, mission accomplie. Le silo abrite aujourd'hui plusieurs associations, le Centre ressource info musique de la Sarthe, il loue des salles à des professeurs pour des cours... Et, si les bons vieux groupes rock dominent, on y trouve tous les genres musicaux, tous les styles, jusqu'aux fanfares et même des chorales.
Un fonctionnement atypique
Le Silo est piloté par un conseil d'administration de 12 bénévoles, évidemment tous fondus de musique. Le pari de l'indépendance a été respecté. Pas un euro de fonds public ne finance le fonctionnement du Silo. Les salaires des trois permanents, les fluides (eau, électricité, etc.), soit environ 10 000 € par mois, sont payés par les adhérents.
Le soutien des élus
Quand la Ville du Mans, le Département, la Région et même la députée Marietta Karamanli (sur sa réserve parlementaire) ont été sollicités, c'est uniquement pour financer des investissements en matériaux de construction ou en matériel musical. En six ans, sur une facture de 350 000 €, les collectivités ont participé à hauteur de 80 000 €, dont 27 000 € pour la Ville du Mans.
Pour le reste, comment les bénévoles du Silo ont-ils fait ? En mettant la main à la pâte. En 2005, comme à chaque agrandissement, la bande de musiciens a troqué les instruments pour les truelles. Ils sont aussi devenus experts en récup'. Cela donne une déco super-sympa, pleine de chaleur.
« C'est très clair. Si on avait fait cela, nous-mêmes, cela aurait été plus cher et cela aurait été moins bien », a reconnu, samedi matin, le maire du Mans. Jean-Claude Boulard était au Silo pour inaugurer avec plusieurs élus le nouvel accueil et deux studios supplémentaires.
Une scène de filage en 2014 ?
C'est le gros projet du Silo pour 2013-2014. Tellement gros que l'association reconnaît cette fois que sans l'aide des collectivités, elle ne pourra le mener à bien. Il s'agit de construire une « vraie » scène. Pas pour y donner des concerts : « Ce n'est pas notre vocation », a rappelé aux élus Dimitri Tessier, le président de l'association.
Cette scène, dite de filage, permettrait en revanche aux groupes de travailler leurs prestations scéniques, avant de tenter le grand saut sur un lieu de diffusion. La scène de 10 x 10 m, serait surmontée d'une salle accueillant le centre de ressources. Des architectes, un conducteur de travaux ont déjà promis de bosser gratuitement sur le projet. « Mais cette fois, on ne peut pas construire nous-mêmes... » Le coût ? 300 000 €. Samedi, le maire du Mans n'a pas dit « oui ». Il n'a pas dit « non »...