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Un arbitre de football agressé à Changé : « Je me suis mis en boule pour me protéger »... |
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Photo d'illustration © La Voix du Nord.
Morgan Coeurjoli, arbitre d'un match de District en catégorie U19, s'est fait agresser. Gratuitement.
« La première mi-temps ne s'était pas très bien passée. Les insultes avaient fusées de part et d'autres. Le match (CS Changé - Le Mans Sablons en District U19 2e division poule B) était très engagé car la place de leader était en jeu. Je m'attendais à une rencontre très physique, il fallait que je sois près des actions pour limiter les contestations. A la mi-temps, j'ai appelé les deux capitaines pour que les Manceaux cessent leurs insultes vis-à-vis des Changéens, en insistant sur l'importance de se montrer moins « viril » dans les échanges et d'éviter les coups volontaires.
Au bout de deux minutes de jeu, le capitaine manceau tacle un adversaire au niveau des genoux les deux pieds décollés du sol. Je l'expulse aussitôt vu la gravité de la faute. Jusqu'à la 93e minute, cela se passe sans trop de soucis. A ce moment-là, je siffle un penalty suite à une faute du gardien manceau sur le capitaine changéen. J'appelle le soigneur pour qu'il vienne voir le blessé. Je l'avertis et je siffle un penalty. Les joueurs de Sablons sont venus me voir en contestant. Je m'y attendais un peu. Ma décision était prise. J'ai mis deux trois minutes à calmer tout le monde. A l'engagement, j'ai sifflé la fin de la partie et des joueurs des Sablons se sont dirigés vers moi de plus en plus rapidement. Je recule quand un joueur me donne un coup de pied par derrière. Je reçois un 2e coup au niveau du bas du dos. Un joueur, l'entraîneur de Changé et deux spectateurs sont venus s'interposer.
Dans ces instants-là où les coups sont tombés, j'ai cherché à me protéger notamment la tête et la nuque. Je me suis mis en boule pour ne pas prendre de mauvais coups. Ma maman, présente au match, est entrée sur le terrain et a poussé un grand cri. Ils se sont un peu calmés, surtout de voir une femme sur la pelouse. Après avoir rédigé mon rapport, je suis allé à l'hôpital de 19 h à minuit. J'avais de gros hématomes assez douloureux. Je n'ai rien eu de cassé.
J'ai pris la décision d'arbitrer dès le week-end suivant en suivant l'adage qui dit qu'après une chute de cheval, il faut de suite se remettre en selle. La première mi-temps fut difficile pour moi, je n'osais pas aller au contact des joueurs. Un officiel du district était présent, on a discuté à la pause et cela m'a fait le plus grand bien de pouvoir parler. En 2e mi-temps, c'est reparti comme avant. En quatre ans d'arbitrage, je n'avais jamais vécu cela. »