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Basket-ball. Erman Kunter : « On repart de zéro »... |
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Le coach manceau a pointé du doigt tous les manques défensifs de son équipe à Chalon.
© Dominique Breugnot.
Pro A. Chalon - MSB (95-77). Marqué par l'ampleur des dégâts, le coach manceau regrette un plan de bataille non respecté, une défense évaporée et une panique à bord dans l'adversité.
Comment expliquez-vous ce lourd, très lourd revers à Chalon ?
On est venu à Chalon pour disputer un match amical. On n'était ni assez dur, ni assez agressif. On est arrivé tout décontracté et voilà. Très vite, on a perdu notre discipline. Quand les choses ne tournent pas comme on veut, on perd les pédales. Tout le monde se regarde. On encaisse des paniers faciles, on ne prend pas les rebonds... En attaque, on marque 77 points à l'extérieur mais les statistiques ne révèlent pas toujours la réalité de tout un match. Certains joueurs s'en sortent avec des évaluations en trompe l'oeil pour faire leurs stats alors que le match est plié depuis longtemps.
Le Mans était pourtant prévenu que Chalon regorgeait de tireurs et aimait courir dans tous les sens ?
Pour un coach, c'est inquiétant. Le plan de jeu n'a pas été respecté, les choses travaillées pas mises en place. C'est grave. Je suis énervé. Il faut parfois vivre en match de tels moments difficiles pour mieux comprendre les choses. Un tel coup va être compliqué à encaisser pour les joueurs. Il faut vite relever la tête. On va continuer à travailler les systèmes avec Mike (Gelabale) qu'on incorpore peu à peu. Après une telle défaite, on repart de zéro et la réception de Limoges, qui vient de perdre chez lui, s'annonce déjà compliquée samedi (18 h, Ma Chaîne Sport).
Toujours à l'essai, Jason Westrol a-t-il marqué des points à vos yeux après son match abouti ?
Il a fait son boulot (18 pts à 62 %, 21 d'évaluation). C'est un caractère, l'un des rares joueurs qui n'a pas perdu sa lucidité quand l'équipe était sous pression.
Pourquoi Le Mans s'est retrouvé si vite sans défense, censée être son arme fatale ?
La première mi-temps a été un enfer dans les têtes. Leur réussite, la salle hostile ont sans doute été perturbant pour certains joueurs moins expérimentés. À l'avenir, il faudra rester lucide en toutes circonstances. On perd les relations de passes, on est en retard sur chaque décalage... On commet des erreurs dans des domaines travaillés. Tu fais forcément moins d'erreurs avec le temps quand tu as bâti un groupe collectivement solide. Il faut jouer des matchs. Par séquences, on fait des choses intéressantes mais, sous pression, on ne fait pas les bons choix. Quand on revient à - 7 (37-30), on rate deux tirs ouverts derrière. Or, il faut continuer à défendre pour rester au contact avec ton adversaire, essayer de le faire douter un peu.
En comparaison avec la force de frappe de Chalon, pensez-vous que votre équipe manque de menace extérieure ?
En début de championnat, le plus important est de trouver des tirs ouverts et on a trouvé des positions. Peut-être que nous n'en prenons pas assez (4/10). Je ne suis pas trop fan du tir à 3 points. Pour moi, on doit en sélectionner maximum une quinzaine par match. Baser quasiment tout son jeu sur le tir extérieur est à double tranchant. En attaque, quand on compare avec Paris, on inscrit 12 points de plus, à l'extérieur et avec un pourcentage de réussite élevé (47 %), supérieur à celui d'une fin de saison. Sur la continuité, je signe car je reste persuadé qu'on encaissera moins de 77 pts en moyenne cette saison. À Chalon, le noeud du problème a été la défense. Si encore on avait perdu 52-50 mais là, en prendre 46 en première mi-temps, c'est juste inacceptable.
Ouest-France