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Une « Scène de musiques actuelles » très attendue... |
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L'Oasis, plein comme un oeuf lors du récent concert de Charlie Winston (le 29 septembre). Sa capacité maximale est de 1 200 places. Quand il y a moins de monde, on déplie les tribunes pour plus de confort.
Les acteurs des musiques actuelles souhaitent une Smac, mais le lancement n'est pas pour tout de suite.
Une Smac, c'est quoi ?
Ça veut dire « Scène de musiques actuelles ». C'est à la fois un label et un programme de coopération entre l'État, les collectivités, et une structure de diffusion musicale. Il s'agit d'un lieu de spectacle spécialement équipé pour les musiques amplifiées (architecture et sonorisation bien spécifiques), mais aussi de vie culturelle, de création pour les groupes (résidences), de formation et d'information. La Smac s'inscrit dans une politique d'aménagement du territoire, avec une mission de service public.
Pourquoi en aurait-on besoin en Sarthe ?
Il y en a chez la plupart des voisins (1). La Sarthe est le seul département du Grand Ouest à en être dépourvu. Le collectif Le Magnéto, qui fédère les acteurs sarthois des musiques actuelles, la réclame depuis des années. Pourquoi ? Dans l'agglomération, il y a Antarès, le Forum, le Palais des congrès, les Saulnières, Jean-Carmet à Allonnes, la MJC du Ronceray, plus quelques complexes polyvalents en périphérie. Mais rien d'équivalent à une Smac.
Tout est éclaté entre salles, structures organisatrices (municipales, privées, associatives), lieux de répétition, d'information.
L'Oasis, ce n'est pas assez bien ?
Le lieu est emblématique. Tant de concerts d'anthologie s'y sont déroulés. Ses points forts : grosse scène, super matériel tout neuf, nouvelles tribunes, grands parkings, solide réputation... Seulement, la salle a aussi ses handicaps : pas d'équipe à demeure, pas d'accueil public en journée, pas de hall entre l'intérieur et l'extérieur, des loges d'artistes exiguës, une buvette ridicule, bref: une simple salle de diffusion, pour certains un « hangar aménagé » comparé aux Smac de la région.
En quoi son fonctionnement est-il différent d'une Smac ?
L'Oasis appartient au parc des expos (dont la ville est partenaire), mais sa gestion est confiée à un opérateur privé (la SNC Antarès, rattachée à Vega, un groupement de salles). D'où une location obligatoire à chaque concert qui « pénalise le budget alloué par la ville à Bebop, affirme Bruno Leroy, patron de cette association qui organise des concerts de musiques actuelles depuis plus de 20 ans. Pourtant, tempère-t-il, l'Oasis est un bel outil, un endroit très apprécié des artistes. »
La société qui gère Antarès et l'Oasis n'a pas les mêmes attentes, en terme de gestion et de rentabilité, qu'une Smac. Privé oblige. C'est pourquoi elle peut difficilement être un lieu de création, de développement culturel ou de structuration des musiques actuelles au plan local.
Qu'est-ce qu'une Smac apporterait de plus ?
Un véritable lieu de vie pour le public, les artistes, les associations. Plus de découvertes et de créations, des programmations variées, innovantes, plus importantes et régulières, pour fidéliser le public. À titre d'exemple, sept concerts étaient programmés à l'Oasis de mi-septembre à mi-décembre, contre 23 à La Luciole (Smac d'Alençon) sur la même période !
Quant aux locaux de répétition, ou l'info-ressource, ça se passe ailleurs (Silo, Crim...), et les résidences de groupes sont rares. Pour Thomas Chateau, directeur de l'Excelsior à Allonnes, « la Smac permettrait de s'inscrire enfin dans les dispositifs régionaux de soutien aux musiques actuelles ». Elle offrirait une sorte de « tout-en-un », avec un rôle de locomotive pour les musiques actuelles dans l'agglomération et le département.
(1) La Luciole (Alençon), Le Chabada (Angers), Le 6 par 4 (Laval), Le Cargö (Caen), L'Ubu (Rennes), L'Olympic (Nantes), Le VIP (Saint-Nazaire)...