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Allonnes : les musulmans prient enfin dans la dignité6 |
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Des membres de l'association des musulmans d'Allonnes devant l'espace associatif interculturel « Yvon Luby » qui va notamment accueillir la pratique de leur culte.
Après 30 ans dans un garage à vélo, le nouveau lieu de culte suscite une polémique.
C'était un ancien local à vélo au plafond bas ; trois pièces exiguës sans fenêtre enterrées au rez-de-chaussée d'une barre d'immeuble murée et vouée à la destruction prochaine.
D'ici quelques jours, l'association des musulmans d'Allonnes (AMA) rendra à Sarthe habitat les clefs de ce qui, depuis 1979, abritait la mosquée, 5 rue Ravel. Et du même coup, changera de millénaire en intégrant avec l'association des Lusitanos les locaux lumineux du flambant neuf espace associatif interculturel « Yvon Luby ».
« Est-il normal qu'à notre époque plusieurs centaines d'Allonnais soient contraint d'exercer leur culte dans des conditions indignes ? », peste l'ancien maire qui n'y a pas été de main morte dans son discours d'inauguration du centre baptisé de son nom. « En France, un certain racisme anti-noir ou anti-jaune existe, mais c'est sans doute le racisme anti-arabe qui est le plus virulent », a pointé l'élu communiste qui s'est félicité que le projet qu'il a porté aboutisse. « En tant que laïc, je pense qu'il ne faut pas tomber dans le panneau et tenter d'éliminer les cultures nord africaines et autres par des actes arbitraires d'exclusion. »
OEil pétillant et sourire généreux, Seddik Alaoui, 40 ans, oscille entre la joie et l'angoisse. « On est très content. L'État et la ville ont fait un grand pas. J'espère qu'on sera à la hauteur. On a maintenant une responsabilité importante », reconnaît le président de l'AMA, qui estime que la mise à disposition de cet espace constitue d'abord « une reconnaissance du travail que l'association mène depuis des années. On encadre des jeunes. On a plus de cent élèves dans nos cours. »
Mohamed, 65 ans, dont près de la moitié en France, affiche un sourire : « Enfin quelque chose qui est fait pour les musulmans. » Arrivé à Allonnes en 1964, M'barak, ouvrier spécialisé à la retraite lui emboîte le pas. « Ce projet ? Ça fait du bien ! »
Etre digne, c'est de savoir s'affranchir de toutes ces croyances !