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Chantier de la nouvelle prison : suivez le guide... |
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Hier, une visite de chantier de la nouvelle prison sarthoise était organisée en présence de l'architecte, des élus et des membres de l'administration pénitentiaire. © Philippe BLONDEL.
Casque de chantier sur la tête, promenons-nous dans les coursives en chantier du centre pénitentiaire des Croisettes à Coulaines.
Petit tour du propriétaire dans une cellule, en chantier, de la nouvelle prison sarthoise qui recevra son premier détenu en janvier 2010. À Coulaines. Elle remplacera la maison d'arrêt du Mans et d'Alençon.
La porte de la cellule est peinte en violet. « On a choisi volontairement des couleurs plutôt douces », confie Bernard Hemery, l'architecte. La cellule mesure exactement 10,5 m2. Elle comprend un petit lit de structure métallique, une table et un rangement pour les vêtements, sans tiroir ni porte. Un tableau électrique comprend trois prises électriques murales. Et une prise d'antenne pour la télévision que le détenu peut louer. Chaque cellule est équipée d'une douche individuelle. Avec eau froide. Et chaude. Ce qui ravira plus d'un détenu... « Et qui facilitera le travail des surveillants. Ces derniers ne seront plus obligés de conduire les détenus dans les douches à l'extérieur de la cellule », se réjouit Alain Jego, directeur interrégional de l'administration pénitentiaire.
À côté de la porte, un interphone est prévu « en cas de malaise et d'angoisse », précise l'architecte qui a conçu les deux bâtiments d'hébergement en mettant l'accent sur « la lumière qui doit absolument rentrer dans la détention. »
Deux tiers des cellules sont censés héberger un seul détenu. L'autre tiers est prévu pour deux personnes. Avec un système de lit superposé. « Les cellules doubles font 12 ou 13 m2 », explique l'architecte.
400 ou 800 lits ?
La nouvelle prison des Croisettes est vendue pour 400 places. Échappera-t-elle au problème national de la surpopulation carcérale ? « Des cellules simples seront susceptibles de recevoir un second lit », révèle Alain Jego. Ces lits sont-ils déjà commandés ? « Ils ne le sont pas mais sont susceptibles de l'être », répond-il. La réponse approximative signifie-t-elle une prison sarthoise à 800 lits ? À suivre.
Pour le moment, le site de Coulaines accueillera, début janvier 2010, les 130 détenus de la maison d'arrêt du Mans. Plus les 70 de la prison d'Alençon. « Et 200 autres détenus ventilés à la maison d'arrêt de Caen, d'Angers et de Rennes, faute de place au Mans et à Alençon », détaille Olivier Reillon, le nouveau directeur de la prison.
Une quarantaine de surveillants Manceaux et 27 d'Alençon doivent intégrer ces nouveaux locaux. Ils seront 160 surveillants au total. « Le reste vient de mutation, surtout de région parisienne », explique le directeur.
Chacun des deux bâtiments d'hébergement, qui comprend trois niveaux, est accompagné de deux cours de promenade. « Afin de séparer certaines personnes », précise Alain Jego. Un quartier accueil, comprenant trente places, est destiné à héberger les nouveaux détenus. Entre huit et quinze jours. Le quartier de semi-liberté, lui, se tient à l'extérieur de l'enceinte.
Planning des travaux
Côté travaux, le gros oeuvre est terminé. Reste l'électricité à installer. Sans compter l'habillement des bâtiments. « Pour le moment, nous n'avons pris aucun retard », précise David Cranier, directeur de production du chantier sur lequel 200 personnes sont encore à pied d'oeuvre. Soit 450 000 heures de travail au total. « Il y a encore du boulot », lance Roland du Luart, président du conseil général. La fin des travaux est prévue en juillet. La remise des clés est programmée en septembre. Avec l'arrivée du personnel fin août qui devra commencer une série de formations sur la sécurité dans ces nouveaux bâtiments.