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Empêchés d'ouvrir la nuit, les kebabs trinquent... |
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Empêchés d'ouvrir la nuit, les kebabs trinquent © Archives Frédéric Girou
Depuis un an, un arrêté préfectoral restreint l'ouverture des fast-foods en centre-ville. Plusieurs établissements sont en difficulté.
La ville et la préfecture se penchent de nouveau sur le texte. À partir du 15 janvier, l'arrêté pourrait être étendu jusqu'à la gare.
« On va mettre la clé sous la porte »
Côté kebabs, on accuse le coup. Les sandwichs orientaux se vendaient comme des petits pains le jeudi, à la sortie des soirées étudiantes, ou le week-end après la fermeture des bars. « On a perdu au moins 50 % de chiffre d'affaire, remarque Abdel Maarouf, désabusé. Un an de galère à travailler toute la journée tout seul pour rattraper le coup ! On ne gagne plus assez pour employer. Soit on continue comme ça, soit on met la clé sous la porte ». Rue du Port, le Relais Express, qui ne proposait que de la vente à emporter, n'a pas tenu le coup.
Pour un de ses voisins, l'arrêté est « injuste ». « Ce n'est pas logique. Le problème c'est l'alcool. Nous, on n'en vend pas. » D'autant qu'il a l'impression d'être « traité comme un malfrat ». Dès 2 h, la police veille. Elle remonte la rue pour faire respecter la mesure préfectorale. « Ça fait dix ans que je suis là. Je paie mes impôts, mes charges. L'autre jour pour 10 minutes [et au moins deux avertissements], le temps de finir de servir, j'ai pris trois jours de fermeture. »
Saïd Bachiri, au Pyramide, souhaite un meilleur dialogue avec les autorités. « Nous aussi quand on travaille on veut de la tranquillité. On peut arranger les choses, surveiller. »
« Le problème a été déplacé »
Bagarres, dégradations, nuisances sonores... Selon la police, la zone rue du Port - rue du Docteur-Leroy était le berceau d'une vie nocturne mouvementée. En restreignant l'ouverture des kebabs, l'arrêté avait pour objectif de dissoudre les rassemblements après la fermeture des bars. Au deuxième étage de son immeuble de la rue du Port, Gilbert s'étonne : « Je ne m'étais pas rendu compte que les kebabs fermaient la nuit. Pourtant, je suis insomniaque. »
Une voisine, Salwa, trouve que « ça fait quand même du bien ». Même son de cloche du côté de Christophe Counil, adjoint au maire responsable de la tranquillité : « Cet arrêté a calmé les choses. On a des retours positifs des habitants du quartier. » Un vendeur confirme, la rue est rapidement déserte après 2 h, « ça fait peur ».Gilbert, lui, reste dubitatif. « Ce n'est pas la foule qui fait le plus de bruit. Souvent, deux trois personnes alcoolisées suffisent ». Les boites de nuit ne ferment pas avant 4 h et plusieurs bars ouvrent pour des afters, dès 5 h du matin. Du coup, le chahut reprend.
À 200 mètres, avenue du général Leclerc, deux kebabs ne sont pas concernés par l'arrêté, tout comme ceux de la gare. D'après Christophe Counil, « on se rend compte que ça a déplacé le problème. » D'ici le 15 janvier, la préfecture et la ville pourraient décider d'étendre la zone de la mesure. Entre une municipalité qui réclame plus de calme la nuit et les plaintes des riverains, les kebabs du Mans sont pris en sandwich.
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