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Fabriquer un jeu : de l'idée à la commercialisation1 |
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Stéphane Bayle et Stéphanie Czinober ont créé la Mèche rebelle en 1996.
Stéphanie Czinober et Stéphane Bayle ont monté La Mèche rebelle il y a plus de 10 ans, au Mans. Pour nous, ils expliquent le processus de fabrication d'un jeu, de l'idée à sa commercialisation.
Préambule
La Mèche rebelle, c'est une société mancelle d'édition et de création de jeux de société éco-conçus. La chaîne des prix décrite ci-dessous est spécifique au commerce équitable. « Pour nous, la base du commerce équitable, c'est de faire en sorte que tous les acteurs puissent vivre de leur métier, explique Stéphane Bayle. Et tout ça, en prenant en considération le consommateur. C'est-à -dire en lui proposant un prix raisonnable. »
L'idée de base
À l'origine de tout projet, il y a une idée. Le Yoté, jeu ancestral d'origine africaine, que nous prendrons comme référence pour expliquer le processus de réalisation d'un produit, devait être pour La Mèche rebelle, le premier d'une gamme de jeux du monde, plutôt adulte, pour deux joueurs.
Le Yoté, c'est un jeu traditionnel de plus de 500 ans. Il n'y a pas de propriété intellectuelle ni de droit d'auteur sur la règle du jeu. Sur le Yoté version Mèche rebelle, les seules choses qui soient protégées sont donc le graphisme imaginé par Stéphanie et le conditionnement spécifique. Quand Stéphane et Stéphanie réalisent un jeu sur l'idée d'un auteur, celui-ci percevra des droits.
Le choix des matériaux
Pour la Mèche rebelle, le choix des matériaux intervient dès le début du processus de développement. Tout simplement parce que depuis son origine, la maison fait de l'éco-conception. Le cahier des charges est strict. Il faut donc choisir des matériaux propres et considérer leur coût. Pour le plateau du Yoté, le choix de Stéphane et Stéphanie s'est porté sur du bambou.
« Nous étions très attirés par cette herbe, expliquent-ils. Il y a sept usines dans le monde, dont six en Chine. Mais le traitement du bambou n'y était pas très écolo. Nous avons appris que des artisans du Vietnam faisaient du bambou à l'étuvée. » Va pour ce bambou bio. Un peu plus cher.
La question du prix de vente
Elle se pose très tôt dans le processus de fabrication du jeu. « Pour le Yoté, nous avions estimé à 35 € son prix de vente maximum dans le commerce, explique Stéphane. Nous pensions que les joueurs étaient prêts à investir cette somme dans un beau jeu éco-conçu. Au-delà , on ne le vendra pas ou moins. En dessous, les marges seront trop faibles. » Les marges représentent la différence entre le prix de vente et le prix de revient. Elles rémunèrent le travail et couvrent les frais annexes (coût de distribution, communication, etc.)
Le travail sur les coûts
Le bambou vietnamien est bio mais il entraîne un surcoût de 20 à 25 % par rapport au bambou industriel chinois. Et, comme on est dans le commerce équitable, la Mèche rebelle paie 50 % à la commande et 50 autres à la réception.
Les pions seront en pâte de verre et viendront de Provence. Les sacs sont en coton bio équitable (label Gots), fabriqués en Inde. La sérigraphie est faite au Mans, chez Béroul. La boîte du jeu, très originale, et commune aux trois jeux de la gamme, sera en carton et sans colle. Elle est livrée à plat ce qui constitue une économie de 25 % de matière par rapport à une boîte montée.
« Moins de matière, c'est moins de déchets et moins cher. C'est là que l'éco-conception rejoint la dimension économique. » Elles sont fabriquées chez Posson, entre Sablé et La Flèche.
Il faut ensuite jouer sur les quantités. La boîte de jeu est commune aux trois titres de la gamme. Une petite astuce permet de les personnaliser. « Le nom du jeu est inscrit sur le plateau, une ouverture pratiquée dans la boîte permet de lire. » Cette mutualisation permet de faire des économies en commandant les boîtes en grande quantité. Idem pour les sacs.
Le calcul de la rentabilité
« Sur une série de 2 000 jeux, comme pour le Yoté, le seuil de rentabilité est atteint à 30 ou 35 %. Là on a payé l'ensemble du prix de revient. Après seulement on commence à gagner de l'argent. »
Chaque jeu coûte 5,50 € pièce à La Mèche rebelle qui les revend 11 € au distributeur Ludi'Vert, qui le revend lui-même au magasin à 17,50 €. Tous ces prix sont hors taxes. Le jeu est ensuite vendu autour des 35 € TTC (la TVA est à 19,60 %). Ce prix est laissé à l'appréciation du commerçant. « Aucun fabricant n'a le droit d'imposer le prix de vente final. Il ne peut que le conseiller. »
Tout sur la Mèche rebelle
Retrouvez toute la gamme des jeux éco-conçus de la Mèche rebelle sur son site : www.meche-rebelle.fr
c'est un bel article en tout cas ! il est bien expliqué et ça donne envie de venir voir de plus près cette petite boite de création de jeux mancelle^^.