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La deuxième ligne de tramway trace son chemin |
Le projet d'extension du réseau est sur le bureau du préfet, pour obtenir l'aide de l'État. La liaison entre Gare et Bellevue tient la corde. Explications.
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Plus vite que prévu
Après le succès phénoménal de la première ligne, l'extension du réseau de tramway est une évidence pour tous les élus municipaux, de droite comme de gauche. En octobre, ils ont d'ailleurs voté le principe à l'unanimité. Aiguillonnés par le « Grenelle de l'environnement », qui a lancé un appel à projets et fait miroiter des millions d'euros d'aide, les services de Le Mans Métropole ont bossé.
Un premier dossier vient d'être remis au préfet. Dedans ? La confirmation que la desserte de Bellevue et des Hauts-de-Coulaines, par les Jacobins, est le tracé le plus pertinent. Huit nouvelles stations sur 4 km, et un budget estimé à 68 millions d'euros.
Pourquoi Bellevue ?
Le constat avait déjà été fait. Derrière le tramway, qui a fait grimper d'un tiers la fréquentation du réseau Setram et qui représente maintenant 50 % des voyages, la ligne de bus 3 (Oasis-Bellevue) est la plus fréquentée (10,51 % des voyages). Aux heures de pointe, elle concentre aussi l'essentiel des retards, avec les bouchons des Jacobins, sur les rues Paderborn et des Maillets. Ajoutez la présence sur le trajet de deux lycées (Bellevue et Montesquieu), dont pas mal d'élèves arrivent le matin en gare du Mans. Ou encore le dynamisme démographique des quartiers desservis... « Une première estimation nous amène à un potentiel de fréquentation de 23 000 voyageurs par jour », assure Bruno Melocco, le « Monsieur Chantier première ligne de tram » à Le Mans Métropole.
Pourquoi pas une vraie 2e ligne Bellevue-Espal ?
L'idée était séduisante. En rajoutant cette branche entre Préfecture et Bellevue, on pouvait imaginer créer deux « vraies » lignes de tramway au Mans. Une entre Bellevue et Espal. Et l'autre, entre Université et Antarès, dont une rame sur deux n'aurait plus à desservir les Sablons. Séduisant, mais injouable, ont montré les études.
« Le tronçon commun, entre Préfecture et Saint-Martin-de-Pontlieue serait trop long. Aux heures de pointe, les rames bouchonneraient. On ne peut pas empiler des rames les unes derrière les autres, il faut tenir compte du temps d'arrêt en station. On serait obligé de dégrader la fréquence entre l'université et le centre-ville. Et ce n'est vraiment pas le but ! », souligne Bruno Melocco.
Pourquoi Bellevue-Gare, plutôt que Bellevue - Préfecture ?
Parce qu'avec le centre-ville, la gare est un site clé pour les usagers. « Et qu'en matière de transports en commun, une correspondance, c'est en moyenne la perte d'un tiers des voyageurs. »
Du coup, plutôt que de stopper place de la Préfecture, qu'il faudrait en plus aménager pour les demi-tours, les services de Le Mans Métropole ont étudié la possibilité de pousser jusqu'à la gare. C'est jouable. « Le tronçon partagé avec la première ligne serait très court. Il n'y a qu'une seule station (Leclerc-Fleurus) entre la préfecture et la Gare. On peut même imaginer, pour plus de fluidité, que les rames venues de Bellevue ne stoppent pas à Fleurus.
Autre avantage de pousser jusqu'à la gare. Un aiguillage est déjà en place pour les demi-tours. Il y a la place d'en installer un second. Et on peut imaginer une automatisation du système. « Tout cela demande évidemment à être étudié beaucoup plus en détail », dit, prudent, Bruno Melocco.
Combien ça coûterait ?
La dernière estimation est de 68 millions d'euros, en incluant la rénovation de la place des Jacobins (8 millions). En comptant sur une aide de l'État dans le cadre du « Grenelle » (9,7 millions), une participation de la Région comme pour la ligne 1 (3 millions), et (ça, c'est moins sûr !) du Département (3 millions), la facture tombe à 53 millions d'euros. Rien à voir avec les 350 millions d'euros de la première ligne.
Il faut savoir que la desserte de Bellevue nécessite seulement 7 rames supplémentaires et qu'il n'y aura pas besoin d'agrandir le dépôt près d'Antarès. Autant d'économies.
Tout n'est pas tranché
L'avant-projet déposé en préfecture pour être éligible aux subventions d'État n'est pas définitif. De nombreux points restent à trancher. Exemple : où arrêter la ligne ? Depuis Bellevue, impossible de descendre la crête, jusqu'à Coulaines. La pente est trop raide pour un tramway. Mais, faut-il pour autant s'arrêter, avenue de Madrid, actuel terminus de la ligne 3 ? Ou un peu plus loin, rue de Londres, pour se rapprocher encore plus de Coulaines (voir l'infographie) ? Des ascenseurs sont-ils envisageables pour attirer les Coulainais ? Autant d'hypothèses à étudier. Et à chiffrer.
Autre exemple : où installer la station place des Jacobins? En plein milieu de la place, comme à la Rep'? Devant le futur espace culturel ? Là encore, le choix dépend de la refonte complète de la place, qui demande des études complètes.
Patrick ANGEVIN.
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